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Les crayons du Canard

Edmond-François Calvo , dit Calvo

1892 - 1957

Sa participation au Volatile : 1919 à 1921

Calvo (Edmond François Calvo), dessinateur “à plein temps” et artisan d’un bestiaire de guerre

Identité et repères

Edmond François Calvo, connu sous le seul nom de Calvo, naît le 26 août 1892 à Elbeuf (Seine-Maritime) et meurt le 11 octobre 1957 à Paris (20e). Il appartient à cette génération d’illustrateurs passés de la presse satirique et des dessins d’actualité à la bande dessinée, avant d’imposer une patte immédiatement reconnaissable.

Des métiers de terrain avant le crayon “professionnel”

Fils d’un distillateur, Calvo exerce plusieurs métiers avant de faire de l’image son centre de gravité. Il dirige successivement une fabrique de sabots, puis une fabrique de boucles, avant de tenir un hôtel-restaurant tout en pratiquant le dessin humoristique. Ce détour par des activités concrètes et commerciales n’a rien d’anecdotique: il constitue une réserve d’observations sur les gestes, les silhouettes, les petites manies, et plus largement sur la vie ordinaire, celle qui nourrit si bien la satire comme le récit dessiné.

Le Canard enchaîné (1919-1921): un passage précoce dans la presse

Calvo collabore au Canard enchaîné de 1919 à 1921. Cette période l’inscrit dans un moment où le journal, sorti de la Grande Guerre, continue d’accorder une place de choix au dessin d’actualité et au commentaire en images.

Parallèlement, il publie ailleurs: Le Rire, L’Esprit de Paris (dès 1919), Floréal (1920), puis Les Petits Bonshommes (1922). Cette circulation entre titres dessine le profil d’un illustrateur appelé par les rédactions pour son efficacité, son sens du personnage et une signature graphique déjà bien affirmée.

De la presse à la bande dessinée: la bascule et l’atelier personnel

En 1938, Calvo se sépare de son auberge et décide de se consacrer entièrement à l’illustration et à la bande dessinée. Il se lie aux Publications Offenstadt, collaborant à Fillette, L’Épatant et Junior. Cette étape l’installe durablement dans l’univers des périodiques illustrés, où il apprend à tenir les rythmes, à développer des séries et à affiner une narration visuelle souple et lisible.

Un style “très personnel”, et une pratique qui déborde le papier

Calvo est décrit comme un créateur à la facture très personnelle, dont l’influence sera importante. Son trait, rond et dynamique, évoque parfois un air de famille avec l’imaginaire disneyen, tout en s’inscrivant dans une tradition française de l’illustration pour la jeunesse.

Il ne se limite pas au dessin: il pratique aussi la peinture et la sculpture. On souligne d’ailleurs que, dessinateur, Calvo fut également sculpteur, attiré par l’insolite et le monumental. Ce goût du volume éclaire son sens des masses, des mouvements et des silhouettes: les personnages semblent exister en trois dimensions avant de se coucher sur la page.

La bête est morte: une guerre racontée par les animaux

L’ouvrage le plus célèbre de Calvo demeure La bête est morte, transposition de la Seconde Guerre mondiale dans un univers animalier, publiée en 1944 puis 1945 (deux volumes). Le scénario est signé Victor Dancette. Par ce détour du bestiaire, Calvo raconte l’Histoire à hauteur de lecteur, sans perdre la force des événements: les camps se lisent dans les espèces, les rapports de domination dans les attitudes, et l’émotion circule avec une évidence redoutable.

Le succès de l’œuvre conduit Walt Disney à lui proposer de rejoindre ses studios, proposition que Calvo refuse, signe d’une indépendance assumée et d’une fidélité à son atelier.

Séries, presse et jeunesse: une production abondante après-guerre

A partir de 1942, Calvo crée quatorze séries. Parmi les titres associés à son travail figurent Rosalie, Patamousse, Coquin le petit cocker, Cricri Souris d’appartement (sur un scénario de Marijac) et Moustache et Trottinette, publiée à partir de 1953 dans Femmes d’aujourd’hui. Il illustre aussi des romans, des contes animaliers et des publicités, confirmant un profil de dessinateur complet, capable d’épouser les supports sans se diluer.

Postérité: influence, éclipse, redécouverte

Calvo est régulièrement présenté comme une influence marquante, jusqu’à être identifié comme un maître pour le jeune Albert Uderzo, qui venait le voir dessiner et recueillir ses conseils. Après sa mort, l’œuvre connaît un temps d’éclipse avant d’être remise en avant par Étienne Robial, notamment via une exposition en 1974 et des rééditions chez Futuropolis.

Calvo et le Canard: une empreinte “crayon” dans la grande volière

Dans l’histoire du Canard enchaîné, Calvo appartient à ces crayons passés tôt par le journal, au moment où la presse satirique, la caricature et l’illustration dialoguent encore quotidiennement. Son passage (1919-1921) relie le Canard à une filiation plus large: celle des dessinateurs capables de commenter l’époque, puis de la raconter autrement, par l’album, la fable, le récit.

 

Sources et références

– Notice “Calvo” dans le Dico Solo de Catherine Saint-Martin
– Wikipédia: “Edmond-François Calvo