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Les crayons du Canard

Andres Vazquez de Sola

1927 - 2024

Sa participation au Volatile : 1967 à 1986

Vazquez de Sola  

autoportrait

Édition du Canard Enchainé du 26 mai 1971

Andrés Vazquez de Sola (1927-2024)

Un Andalou au crayon insoumis

Né le 25 juillet 1927 à San Roque (province de Cadix), Andrés Vazquez de Sola grandit dans une famille où le verbe compte autant que la ligne: il est le fils d’un avocat “doublé d’un poète en renom”. Très tôt, il cherche la forme juste: il s’essaie à la sculpture dès l’âge de 12 ans, avant de faire du papier son véritable atelier.

De Grenade à Madrid: les débuts et la morsure de la censure

Ses premiers pas journalistiques se font à Grenade: dans Patria, en 1944, il publie ses premiers dessins humoristiques. Il poursuit ensuite à Madrid, où il s’oriente vers la caricature littéraire. Très vite, le dessin devient chez lui une manière de dire “non”, et le pouvoir une machine à répondre “taisez-vous”. Son engagement communiste (il est membre du Parti communiste espagnol à partir de 1951) l’expose à la censure, puis à la répression, jusqu’à le pousser hors de l’Espagne franquiste.

L’exil à Paris: survivre, puis devenir “caricaturiste”

Contraint de quitter son pays “pour cause de communisme”, il s’installe à Paris en 1959. L’exil n’a rien d’une carte postale: il connaît une période de grande précarité, “clochard puis veilleur de nuit”, avant de trouver sa place d’artiste. Ce passage n’efface pas l’Espagne: il la transporte, la travaille, la retourne, et finit par s’imposer comme un caricaturiste à la patte originale et personnelle.

En 1960, dans l’édition du 20 juillet, il publie dans Le Canard enchaîné « La grande corrida franquiste », dégradant encore plus l’image de Franco. Il publie quelques autres dessins dans ce journal à l’été 1960, mais préfère partir au bout de quelques semaines parce que peu au fait de l’actualité politique française. « Le gouvernement fasciste espagnol a donné à Vazquez de Sola les deux seules distinctions qu’il pouvait octroyer à un artiste sans le souiller : la censure et la prison » (Arrabal). De retour en Espagne, il est arrêté et emprisonné en 1966.

Le Canard enchaîné (1967-1986): la patte, la charge, et l’Espagne en pleine page

À partir de 1967, il collabore au Canard enchaîné, où son trait, nourri d’histoire espagnole, d’anticléricalisme et de fureur lucide, devient l’une des signatures qui marquent le journal. Sa caricature ne se contente pas d’appuyer là où ça fait mal: elle souligne, exagère, déforme pour mieux définir et synthétiser, posant au lecteur ces “miroirs concaves et convexes” qui font rire et réfléchir dans le même souffle.

Son univers, souvent aimanté par les figures du pouvoir (et tout particulièrement le Vatican et les hiérarchies), mêle la charge politique et une dimension plastique affirmée. Il met aussi en peinture certaines de ses œuvres, avec un style décrit comme précis, visionnaire et éclatant. Il réalise également cartes postales, affiches et peintures acryliques, et illustre Roland Bacri.

Œuvres, revues, et compagnonnages

Parmi ses publications figurent divers albums et recueils, dont “Caricatures” (1975) et “Madrid Carigato” (1989). Il participe à l’aventure de presse en cofondant Le Père Denis en 1981, dans une veine de satire mordante et joyeusement irrévérencieuse.

Retour en Espagne et départ du Canard

Après la mort de Franco, Vazquez de Sola rentre en Espagne et collabore à divers journaux et revues. Le Canard du 7 mai 1980 rapporte que le 7 mars précédent, à San Roque, il « a gravement troublé l’ordre public et l’honneur du gouverneur civil de Cadiz ». Le « mauvais citoyen » aurait cru bon de « persifler publiquement le référendum concernant l’autonomie de la province, et d’accuser carrément le gouverneur d’avoir un peu bricolé le scrutin ». L’injurieux personnage fut condamné à 25.000 pesetas d’amende… .

Il quitte le Canard enchaîné en 1986, au terme d’une longue période de compagnonnage, sur fond de désaccord politique: l’idée qu’un journal doit rester fidèle, non seulement à un ton, mais à une ligne.

Portraits et jugements: un “hombre” à la braise froide

Les témoignages et formules qui le suivent dessinent un tempérament autant qu’un style. On le décrit “tout feu, tout flamme… et même tout flamenco”, à la fois ombrageux et profondément “de punto”, distingué et talentueux, un “très grand d’Espagne”. D’autres résument l’hostilité du régime franquiste à son endroit par une sentence devenue emblématique: la censure et la prison comme “distinctions”. Et, au-delà de la politique, revient souvent l’impression d’un regard qui reconnaît l’humain dans ce qu’il a de plus enfoui, comme une matière vive, “minérale en ébullition”.

Dernières années

Andrés Vazquez de Sola meurt le 26 septembre 2024 à Monachil (province de Grenade). Il laisse l’image d’un caricaturiste majeur, dont la ligne, née sous la contrainte et la censure, aura fini par s’imposer comme une signature, une manière d’être au monde autant qu’une manière de le dessiner.

Sources et références

Catherine Saint-Martin, Dico Solo (notice “Vazquez de Sola”).
Notice Wikipédia (article “Andrés Vázquez de Sola”).

Vazquez de Sola par lui-même 

Dico du Canard, 1972

Vazquez de Sola 

par lui-même

Les dossiers du Canard – 1981 en 250 dessins –

Vazquez de Sola  

par lui-même

Un bon dessin vaut mieux qu’un long discours, N°10