Plantu (Jean Plantureux)
État civil
Jean Plantureux, dit Plantu, est né le 23 mars 1951 à Paris. Dessinateur de presse et caricaturiste, il s’impose par un dessin politique d’apparence calme, parfois ponctué d’une petite touche d’irrespect, et par un regard décrit comme « lucide et sans concession ».
Formation et débuts
Fils d’un dessinateur industriel à la SNCF, il est scolarisé à l’école Patay (13e arrondissement), puis au lycée Henri-IV, où il obtient un baccalauréat (série D) en 1969. Souhaitant initialement aller vers le théâtre ou la bande dessinée, il est inscrit en médecine, puis interrompt ces études.
En 1971, il part à Bruxelles suivre des cours de dessin (école Saint-Luc). Pour financer cette période, il propose des planches à Panurge et Bonne Soirée. De retour à Paris, il vend des meubles aux Galeries Lafayette, tout en cherchant à placer ses dessins dans la presse.
Au Canard enchaîné (1973-1975)
Plantu collabore au Canard enchaîné de 1973 à 1975. Cette période s’inscrit dans ses années de construction professionnelle, au moment où il publie déjà dans plusieurs titres et où sa signature commence à circuler. La notice le décrit alors comme très populaire, souvent cité, mais conservant une « candeur généreuse » et une attention réelle aux autres. Son dessin, sans recherche d’effet spectaculaire, laisse toutefois percer une liberté de ton à petite dose.
Le Monde et l’installation d’une grande carrière
Plantu est engagé au Monde : son premier dessin y paraît le 1er octobre 1972, publié par le rédacteur en chef Bernard Lauzanne, sur la guerre du Viêt Nam (une colombe avec un point d’interrogation dans le bec). Dès 1974, Claude Julien lui demande des dessins sur les sujets du « Tiers-Monde » pour Le Monde diplomatique. À partir de 1982, il fournit un dessin chaque samedi, publié en une. En 1985, la quotidienneté des dessins en une est imposée, dans l’idée de rendre sa place à une tradition française du dessin politique de presse.
Il participe jusqu’en septembre 1987 à l’émission Droit de réponse (TF1), animée par Michel Polac. Son travail est marqué par la très grande diffusion : il passe « à la une » du Monde à partir de 1985, et devient une figure de référence du dessin éditorial en France.
Prix, publications et reconnaissance
Son premier album, Pauvres chéris, paraît en 1978, puis il publie ensuite régulièrement. Il est élu journaliste de l’année en 1987. Il obtient le prix Mumm en 1988 et le prix de l’Humour noir en 1989. À partir de 1991, il collabore aussi à L’Express (un dessin hebdomadaire).
Il reçoit de nombreuses distinctions et reconnaissances internationales, dont des prix liés à des festivals de dessin, ainsi que des titres honorifiques (notamment en Belgique). Il est membre de l’Académie royale de Belgique et reçoit un diplôme honoris causa de l’université de Liège (2013).
Cartooning for Peace et action publique
En 2006, avec Kofi Annan, il organise à New York un colloque qui est à l’origine de la création de Cartooning for Peace, association destinée à défendre la liberté d’expression des dessinateurs de presse et à mener des actions (expositions, conférences, activités pédagogiques) à l’international. L’association reçoit diverses distinctions, dont un prix attribué à Doha (2010) et d’autres reconnaissances ultérieures. Plantu est également à l’initiative d’un dialogue symbolique autour de signatures apposées sur un même dessin, dans le cadre de ses rencontres au Proche-Orient au début des années 1990.
Dons, expositions, transmission
Son œuvre fait l’objet de nombreuses expositions. En 2018, il fait don d’une partie importante de ses dessins à la Bibliothèque nationale de France (don mentionné de 500 dessins) ; une exposition est organisée dans la galerie des donateurs, puis l’ensemble est inventorié et numérisé pour un accès en ligne. En 2019, il crée la fondation Plantu, orientée vers l’égalité des chances par la culture. Pendant la période de la covid, il mène un travail intensif sur l’actualité, donnant lieu à des projets exposés dans des hôpitaux et à un travail avec le photographe Reza (projection, ouvrage, exposition itinérante).
Débats et controverses
Comme beaucoup de dessinateurs très exposés, Plantu traverse des polémiques. Le corpus fourni mentionne notamment : une affaire autour d’un dessin lié au référendum (2000) ; des débats sur sa position lors de l’affaire des caricatures de Mahomet (2006) ; une controverse autour d’un dessin publié en 2009 ; une réaction politique vive en 2011 à propos d’une caricature comparant deux figures partisanes ; et un dessin de janvier 2025 relançant une analogie sur l’antisémitisme.
Le texte mentionne aussi l’impact durable d’un dessin relatif à l’affaire Gordji sur le magistrat Gilles Boulouque, ainsi qu’une évolution de ses conditions de travail au Monde à partir de 1995 (mise en page et choix des sujets plus contraints).
Portrait (d’après les notices)
La notice le présente comme gardant une allure juvénile, accessible, attentif aux autres, avec des « yeux bleus candides » qui ne doivent pas masquer un regard lucide. Son dessin est décrit comme non agressif, mais capable de glisser, quand il le faut, une forme d’irrespect mesuré. Une autre appréciation souligne une coexistence, chez lui, d’une certaine tendresse et d’une vigueur critique, avec un goût limité pour le réquisitoire systématique.





