Solo (François Solot, 1933-2008)
Repères
François Solot, dit Solo, naît le 23 août 1933 à Paris, où il meurt le 26 décembre 2008. Caricaturiste et dessinateur de presse, il se définit autant par un trait que par une idée: pousser la ressemblance jusqu’à ses limites, sans jamais s’agenouiller devant la “belle manière”.
Un autodidacte qui invente sa boussole
Autodidacte, Solo est d’abord marqué par l’influence de Cabrol… puis s’en échappe pour se fabriquer un territoire à lui: un style totalement original, souvent déroutant, volontiers proche de l’abstraction. Chez lui, les visages peuvent “chercher la ressemblance sans passer par les traits”. Le blanc de la page compte autant que le crayon: économie de signes, précision des vides, et une science du silence graphique.
Le portrait sans bavardage
Partisan d’un dessin de presse sans texte, Solo cultive une exigence presque ascétique: lignes épurées, géométrie nerveuse, réduction à l’essentiel, mais avec une ressemblance qui accroche l’œil. Une lecture a joliment résumé son approche: ses caricatures ne sont ni des portraits-charge, ni des caricatures de situation, mais plutôt une recomposition, un dialogue muet entre l’observateur et l’observé.
Homme de presse, faiseur et passeur
Solo n’est pas seulement “un style”: c’est aussi un homme de presse. Il travaille comme maquettiste, directeur artistique, fonde et accompagne plusieurs titres (une bonne demi-douzaine), aidant parfois d’autres publications à “mettre le premier pied à l’étrier”. Il dirige également des revues: il est notamment rédacteur en chef de Miroir du Fantastique de 1968 à 1971.
Au Canard enchaîné (1974-1976)
Sa collaboration au Canard enchaîné s’inscrit dans les années 1974 à 1976. Dans cet univers où le dessin sert d’aiguille à dégonfler les baudruches, Solo apporte une singularité précieuse: un humour d’actualité qui ne passe pas par l’anecdote, mais par la forme même, par l’os du visage et le nerf d’une ligne. Un Canard qui parle bas, mais vise juste.
Œuvres, supports, objets
Son travail circule largement: presse, albums, séries, objets imprimés. Il réalise une dizaine d’albums, produit des séries de cartes postales, des affiches, des tee-shirts, des couvertures de livres et de disques, et propose aussi des projections de diapositives en cabaret. Il expose beaucoup, en France et ailleurs, avec cette constance du chercheur qui ne s’installe jamais tout à fait.
Distinctions et reconnaissance
Il reçoit le trophée Haga (notamment en 1973, au premier salon de la BD de Toulouse, et à nouveau en 1977) et la médaille d’or de la Ville de Paris en 1982. Il est également Chevalier d’Ath et membre du Guingasson.
Caricature et caricaturistes, puis le “Dico” comme chantier
Avec sa compagne Catherine Saint-Martin, Solo crée le bimestriel Caricature et caricaturistes (au long cours à partir de la fin des années 1980), et travaille avec elle à un vaste projet de recensement des dessinateurs et des supports: un ouvrage au long souffle, mené comme un travail de fond et de mémoire.






