Claude Paillat (1924–2001)
Repères
Naissance : 11 janvier 1924, Paris (6e)
Décès : 19 janvier 2001, Ivry-sur-Seine, des suites d’une crise cardiaque
Inhumation : cimetière d’Auteuil, Paris
Le Canard enchaîné : collaboration de 1961 à 1985
Du secrétariat de rédaction au grand reportage
Claude Paillat commence dans le métier au lendemain de la guerre, comme secrétaire de rédaction à La Vie agricole (1946-1948), puis à L’Intransigeant. Il passe ensuite au reportage : grand reporter à Paris-Match (1949-1956), puis à Paris-Presse (1958-1961). Ces années le placent au plus près des conflits de la période : il couvre notamment les guerres d’Indochine et d’Algérie.
Sa trajectoire professionnelle le mène aussi à des fonctions opérationnelles : il est notamment présenté comme chef du bureau d’Afrique du Nord de Match, puis envoyé spécial de Paris-Presse en Algérie.
L’entrée au Canard : l’information “au millimètre”
Tout en poursuivant ses activités d’enquête et de documentation, Claude Paillat collabore au Canard enchaîné de 1961 à 1985. D’après sa notice, son arrivée dans l’équipe se fait sous l’influence de Jean Clémentin. Il s’y fait remarquer par la précision de certains renseignements, notamment autour du passage à Madrid du général Raoul Salan (1960-1961).
Son profil est celui d’un journaliste très connecté : il dispose de contacts dans la classe dirigeante et dans des clubs mondains, et sert d’informateur au croisement des milieux militaires et religieux.
De l’investigation à “l’histoire immédiate” : les Dossiers secrets
Parallèlement à sa collaboration au Canard, Claude Paillat s’oriente fortement vers l’investigation et ce qu’il qualifie d’“histoire immédiate”, démarche engagée sur les conseils et avec l’aide de Jean Clémentin.
Il publie, avec une régularité soulignée par Le Monde, de nombreux volumes de Dossiers secrets, consacrés notamment :
- à l’Algérie (1961-1962),
- à l’Indochine (1963),
- à l’Église de France (1967-1968),
- et surtout aux Dossiers secrets de la France contemporaine, parus en huit volumes entre 1979 et 1992.
La rupture avec le Canard en 1985
En 1985, Le Canard enchaîné décide de se séparer de Claude Paillat. Le motif invoqué est sa “position de repli et de réserve”, dans un contexte postérieur à la renonciation de Jean Clémentin à la fonction de rédacteur en chef (juin 1976). Claude Paillat, de son côté, affirme avoir été “mis au placard”.
La séparation est décrite comme non amiable : l’affaire est portée devant la commission arbitrale des journalistes, où il obtient partiellement gain de cause au sujet de ses indemnités de licenciement.
Archives et postérité
Son travail s’appuie sur une masse d’archives importante, constituée au fil d’une vie de rencontres et de témoignages. Ces documents, liés à ses recherches et à ses ouvrages, sont consultables à la Hoover Institution (Californie). Ils couvrent notamment les guerres françaises en Algérie et en Indochine, ainsi que des ensembles relatifs aux présidences de Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand.






