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Les plumes du Canard

Jacques Lamalle

Né en 1942

Sa participation au Volatile : 1970 à 1984

Jacques Lamalle 

par Guiraud

Jacques Lamalle (né en 1942)

Jacques Lamalle est un journaliste français, entré au Canard enchaîné au tournant des années 1970. D’abord homme de fabrication et de rédaction (secrétaire de rédaction, puis rédacteur), il s’y spécialise progressivement dans deux terrains où il fera signature: les affaires européennes et l’agro-alimentaire. Cette double focale, institutions et “ventres”, irrigue aussi ses livres, qui vont du reportage-enquête sur les puissances du commerce international à des ouvrages consacrés au vin, dans une veine plus contemplative et patrimoniale.

Repères biographiques

Né en 1942, Jacques Lamalle exerce d’abord dans des postes de “machinerie rédactionnelle” (au sens noble: la fabrique du journal). Il est mentionné comme secrétaire de rédaction à La Nation (quotidien gaulliste) et au Figaro, avant d’entrer au Canard enchaîné, où il passe du secrétariat de rédaction à l’écriture au long cours.

Au Canard enchaîné: de la cuisine interne à l’enquête

Les éléments disponibles dessinent un itinéraire en trois temps.

  • 1970: arrivée au Canard comme secrétaire de rédaction. Il rejoint alors la mécanique collective d’un hebdomadaire où le bouclage se gagne à la force du poignet et de la relecture.
  • Autour de 1975: passage au statut de rédacteur. Il ne se contente plus de “faire tenir” la page: il la remplit et la pousse.
  • Spécialisation progressive dans les affaires européennes et l’agro-alimentaire, puis accès à des responsabilités éditoriales, puisqu’il est signalé comme rédacteur en chef des “Dossiers du Canard”.

Cette trajectoire a quelque chose de très “Canard”: partir de l’atelier, puis prendre la plume, puis s’installer sur un poste d’observation où l’information se collecte, se vérifie, se recoupe, et finit par devenir un récit lisible. Lamalle se situe précisément dans cette tradition de l’hebdo: la satire n’empêche pas l’archive, et la moquerie n’exclut pas l’inventaire.

Un domaine: l’agro-alimentaire, ses géants, ses réseaux

Jacques Lamalle se fait remarquer comme auteur d’ouvrages où l’agro-alimentaire et le commerce international ne sont pas des décors mais des personnages. Les titres cités mettent en avant des figures de “puissance économique incarnée”, parfois à la frontière du roman d’enquête:

  • L’Empereur de la faim (Flammarion, 1986), présenté comme un roman consacré aux géants de l’agro-alimentaire.
  • Le roi du sucre (Lattès).
  • Le milliardaire rouge (Lattès), consacré à Jean-Baptiste Doumeng.

Sur ce dernier livre, un article du Monde (22 juillet 1980) donne un éclairage précieux, non seulement sur le sujet, mais sur la manière Lamalle. Le journaliste du Monde y note “comme une admiration” de l’auteur pour ces “gros crocodiles du marigot du commerce international”, tout en soulignant que le cas Doumeng est particulier: l’homme a beaucoup travaillé sa propre légende publique. Résultat: l’enquêteur se heurte à une question centrale, difficile à trancher “au bout de deux cent treize pages”: où finit l’intérêt privé et où commence l’intérêt des coopérateurs et du “peuple paysan” que Doumeng prétend servir?

L’article insiste cependant sur la valeur informative du livre dès qu’il s’agit de la “partie visible de l’iceberg”: ventes de beurre et de céréales à l’URSS, nébuleuse d’affaires privées et coopératives, entregent politique, rencontres, stratégies, contradictions d’un modèle coopératif qui joue à la puissance comme les multinationales, “en plus fort”. Le critique relève aussi ce que Lamalle évite: le piège de l’anecdote décorative. Chez Doumeng, l’anecdote est parfois une technique de diversion, un rire qui tient lieu d’information. Et Lamalle, selon le Monde, ne s’y laisse pas prendre, ce qui est présenté comme un “tour de force”.

En creux, on comprend ce qui fait sa place au Canard: une capacité à entrer dans des systèmes (coopératives, commerce, diplomatie, réseaux), à écouter les récits qu’on veut lui vendre, puis à distinguer l’histoire qu’on raconte de l’histoire qui se prouve.

Un autre territoire: le vin, entre guide et livre d’art

Parallèlement à ces enquêtes sur l’agro-alimentaire, Jacques Lamalle publie des ouvrages sur le vin, qui renforcent sa réputation dans ce domaine. Les titres cités montrent un spectre large:

  • Les Côtes du Rhône: de Vienne à Avignon, 300 bonnes adresses au meilleur rapport qualité-prix (Balland, 1981).
  • Châteaux en Médoc, le temps du vin (avec la collaboration du photographe Peter Knaups, Plume), présenté comme un ouvrage “destiné aux grands rêveurs, ivres d’histoires et de lumières à déguster lentement”.
  • Chateaux of the Medoc (avec Ken Kincaid et Peter Kraups, Vendôme), version anglophone.

Cette veine “vin” n’est pas contradictoire avec le Lamalle enquêteur. Elle en est, presque, la doublure: l’agro-alimentaire traite des puissances et des marchés; le vin, lui, permet d’écrire sur un produit culturel, un territoire, des châteaux, des lumières, autrement dit sur une France à la fois économique et imaginaire. Entre les deux, la même obsession de la matière, du réel, de ce qui se produit et se vend.

Responsabilités et prolongements

Les sources indiquent qu’il devient rédacteur en chef des “Dossiers du Canard”, ce qui confirme un rôle de pilotage éditorial et de spécialisation. Il est également mentionné comme directeur d’ouvrage avec: Le Canard enchaîné: la Ve République en 2000 dessins (Les Arènes, 2008).

Ce dernier point montre qu’au-delà de la période retenue ici (1970-1984), Lamalle reste associé à l’histoire et à la mise en perspective du journal, au moins par l’édition.

Portrait en conclusion

Jacques Lamalle apparaît, dans ces éléments, comme un profil “double détente”: un technicien devenu rédacteur, puis un spécialiste capable de traiter l’Europe et l’agro-alimentaire sans réduire ces mondes à des slogans. L’article du Monde de 1980 le montre surtout comme un enquêteur qui sait que certains personnages fabriquent de l’histoire en même temps qu’ils fabriquent leur légende, et que le travail du journaliste consiste à mesurer l’écart entre les deux, quitte à laisser au lecteur, noir sur blanc, les questions qui résistent.

 

Sources et références

Wikipédia
 » Le milliardaire rouge  » de Jacques Lamalle, par J. G., publié le 22 juillet 1980 – Le Monde – 

Bibliographie

  • Les Côtes du Rhône: de Vienne à Avignon…, Balland, 1981.
  • Châteaux en Médoc, le temps du vin, avec Peter Knaups, Plume.
  • Chateaux of the Medoc, avec Ken Kincaid et Peter Kraups, Vendôme.
  • French collection, Flammarion, 1989.
  • Les Feux de Dieu, Flammarion, 1991.
  • Château Payré, Stock, 1994.
  • L’Empereur de la faim, Flammarion, 1986.
  • Le roi du sucre, Lattès.
  • Le milliardaire rouge, Lattès.
  • (dir.) Le Canard enchaîné: la Ve République en 2000 dessins, Les Arènes, 2008.