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Les plumes du Canard

Jean-Pierre Rey

1936 - 1995

Sa participation au Volatile : 1972 à 1977

Jean-Pierre Rey (Aubigné-Racan, 8 mars 1936 – Paris, 16 mai 1995)

Jean-Pierre Rey est un journaliste français, reporter-photographe et grand témoin des luttes sociales et des secousses politiques de la seconde moitié du XXe siècle. Professionnel de l’image de 1965 à 1995, il travaille pour La Vie ouvrière, Le Nouvel Observateur et collabore aussi au Canard enchaîné, où ses clichés accompagnent notamment des moments de forte tension autour du journal (affaire des micros, affaires politico-financières).

Repères et identité

  • Naissance : 8 mars 1936 à Aubigné-Racan.
  • Décès : 16 mai 1995 à Paris.
  • Métier : journaliste, photographe, reporter.

Un parcours de reporter-photographe (1965-1995)

Jean-Pierre Rey exerce comme reporter-photographe et journaliste professionnel pendant trente ans. Son activité se déploie sur plusieurs titres, avec un statut et des rythmes distincts :

  • La Vie ouvrière : il y travaille comme pigiste (reporter-photographe indépendant) de 1965 à 1995.
  • Le Nouvel Observateur : il en est photographe, salarié de 1972 à 1995, et mène de nombreux reportages, notamment en compagnie d’Yvon Le Vaillant, François Caviglioli, Marie Müller
  • Le Canard enchaîné : il collabore au journal et intervient notamment autour de dossiers et d’épisodes emblématiques (voir plus bas).

Rey ne se contente pas de “faire des images”. Il est aussi un militant des conditions de travail des photographes : membre du SNJ-CGT et de l’ANJRP, il s’engage activement pour la reconnaissance de droits structurants (sécurité sociale, droits d’auteur, propriété intellectuelle). Sa pratique de l’image s’inscrit ainsi dans une conception très “métier” : une photo n’est pas seulement un tirage, c’est un travail, un statut, un droit.

Mai 68 : une image devenue icône, « La Marianne de Mai 68 »

Le nom de Jean-Pierre Rey reste associé à une photographie devenue emblématique des événements de Mai 68 : « La Marianne de Mai 68 ».

En mai-juin 1968, il couvre essentiellement le Quartier latin, les manifestations et émeutes des 3, 6, 10, 13 et 23 mai, ainsi que celles du mois de juin. Le 13 mai 1968, il réalise la photographie de cette “Marianne”, image rapidement reprise par la presse nationale et internationale, et rapprochée du tableau d’Eugène Delacroix La Liberté guidant le peuple. Le cliché circule notamment dans Paris Match (n° 998, 15 juin 1968) et Life Magazine (24 mai 1968), et s’impose comme l’une des représentations phares de Mai 68.

Le 23 mai, il est également victime de la répression policière visant des journalistes porteurs du brassard « Presse », épisode qui rappelle à quel point l’acte de documenter pouvait, lui aussi, devenir une cible.

Le studio Orop et un choix d’indépendance

En 1966, Jean-Pierre Rey participe à la création du studio Orop, à la fois studio et laboratoire photographique, avec d’autres photographes (dont André Sas, Théves, Claude Fromenti, Marcel Pevsner…). À la même époque, l’équipe fondatrice de l’agence Gamma (Raymond Depardon, Hugues Vassal, Hubert Henrotte, Jean Monteux) le contacte pour qu’il rejoigne l’agence. Il refuse, préférant se consacrer “exclusivement à la prise de vue” : un choix qui dessine un tempérament, celui d’un homme qui privilégie le terrain et l’autonomie plutôt que l’appareil d’une grande structure.

Au Canard enchaîné (1972-1977) : photos au cœur des secousses

Jean-Pierre Rey collabore au Canard enchaîné, notamment lors de deux épisodes très chargés symboliquement pour l’hebdomadaire :

  • l’affaire des micros du Canard, moment où le journal devient lui-même un théâtre d’ombres et de surveillance;
  • les diamants de Bokassa, affaire politico-financière qui marquera durablement l’histoire de la presse d’investigation.

La mention de numéros du Canard (dont ceux du 5 décembre 1973 et du 10 octobre 1979) atteste la présence de son travail dans les pages du journal, au service d’une information dont l’image peut être un levier, une preuve, un révélateur, parfois un contre-champ salutaire.

Reportages et terrains extérieurs

Rey mène de nombreux reportages à l’étranger. Il travaille notamment :

  • en 1976, auprès de groupes armés érythréens en Éthiopie et au Soudan ;
  • dans les camps de Sabra et Chatila au Liban.

En parallèle, il couvre l’actualité nationale (sociale, politique, culturelle) et internationale pour Le Nouvel Observateur. Son fil rouge, tel qu’il ressort de l’hommage cité, tient en une formule simple : être “au cœur des luttes sociales” et “autour de la planète”, en gardant l’œil au plus près des vies.

Une reconnaissance posthume : “un œil… au service d’idées fortes”

L’hommage de La Vie ouvrière (mai 1995) insiste sur la place de Jean-Pierre Rey dans la communauté rédactionnelle : un ami de la rédaction, un photographe au “cliché sensible”, “proche de la vie”, compagnon de reportages “en quête de justice et de mieux-être”. On y salue son talent, son œil, son sens de l’image “au service d’idées fortes”, autant que l’homme : “humble, sensible, solidaire”.

Publications et traces

Les photographies de Jean-Pierre Rey alimentent livres, articles, expositions, documentaires, en particulier autour de l’histoire sociale et contemporaine. Parmi les repères cités :

  • Paris Match n° 2036, “Album historique/Mai 68/récit complet”, couverture (mai 1988).
  • Paris Match n° 1511, p. 79 (mai 1978).
  • Le Canard enchaîné : numéros du 5 décembre 1973 et du 10 octobre 1979.

Et côté expositions : Un regard sur Mai 68 et Icônes de Mai 68, les images ont une histoire, qui rappellent que son travail n’est pas seulement “d’actualité” mais aussi devenu matériau d’histoire.

En résumé

Jean-Pierre Rey aura été l’un de ces photographes-reporters pour qui l’image n’est ni un trophée, ni une décoration, mais une preuve sensible : un fragment de lutte, un visage de foule, une seconde décisive. Au Canard, entre 1972 et 1977, il apporte ce regard de terrain, forgé dans Mai 68, poursuivi dans les conflits et les crises, et tenu, jusqu’au bout, avec une exigence de métier doublée d’un engagement pour la dignité des photographes.

 

Sources et références

Wikipédia