Jean-François Batellier, né à Paris en 1947, est un dessinateur et caricaturiste français. Diplômé de Sciences Po, il mène très tôt une trajectoire singulière dans le dessin de presse, à cheval entre l’édition, la diffusion de rue et la publication en journaux.
Un dessinateur “hors kiosque”
À partir de 1974, Batellier devient colporteur : il expose et vend dans la rue des photocopies de ses dessins, sous la forme d’une démarche qu’il baptise « L’expo-squatt ». La circulation de ces images ne se limite pas aux trottoirs : elle va “jusque dans les prisons et à l’ENA”, et lui vaut, au passage, de “faire les riches heures des gendarmes désœuvrés”. Cette pratique installe un rapport direct avec le public, en marge des circuits habituels de la presse et de l’édition.
Le Canard enchaîné (1974-1975)
Batellier collabore au Canard enchaîné de 1974 à 1975, au sein d’un ensemble plus large de collaborations dans la presse. Son dessin s’inscrit dans un registre résolument politique, attentif aux questions économiques et sociales, en France comme à l’international.
Thèmes, ton et terrain
Son travail est décrit comme engagé, traitant notamment des thèmes associés à la gauche et à l’écologie : solidarité Nord-Sud, antimilitarisme, droits humains, dépendance au pétrole, entre autres. Cette ligne n’empêche ni la variété des supports (presse, affiches, cartes postales), ni une méthode de diffusion “artisanale” assumée.
Auto-édition et indépendance
Batellier se distingue aussi par une politique éditoriale atypique : il auto-édite la quasi-totalité de ses recueils sous l’étiquette « J.-F. Batellier & lecteurs associés ». Ce choix lui assure une indépendance et une liberté de fond et de forme, au prix d’une contrainte structurelle : recourir à des souscriptions pour financer la fabrication de nouveaux albums. Plusieurs de ses publications sont ainsi diffusées hors des circuits classiques, et nombre d’albums sont annoncés comme épuisés.






