Puig Rosado (Fernando Puig Rosado, 1931-2016)
Fernando Puig Rosado naît le 1er avril 1931 à Don Benito (Espagne) et meurt le 25 septembre 2016 à Paris. Illustrateur et dessinateur franco-espagnol, il mène une carrière de presse particulièrement ample, entre humour, observation, illustration littéraire, édition jeunesse, publicité et animation.
De la médecine au dessin
Fils d’un professeur de philosophie, il entreprend des études de médecine qu’il suit pendant quatre ans, expérience qui le dégoûte profondément. Il publie ses premiers dessins dans Pasquin à partir de 1952. Le régime franquiste lui convenant peu, il s’installe en France à la fin de 1959 et s’oriente vers le dessin d’humour, tout en développant un travail d’illustrateur très polyvalent.
Le Canard enchaîné (1973-1974)
Puig Rosado collabore au Canard enchaîné de 1973 à 1974, période où son trait et son sens de l’observation s’inscrivent dans une production plus large, nourrie par la presse généraliste, la presse magazine et l’édition.
Un illustrateur tous terrains
Son activité déborde largement le dessin de presse. Il réalise des couvertures de livres, des cartes postales, des travaux de publicité, des courts métrages et des dessins animés. Il illustre notamment Alphonse Allais, Pierre Gripari et Hemingway, et travaille pour la presse de jeunesse (entre autres titres). Il illustre également plusieurs ouvrages et récits, notamment de Pierre Gripari (Les contes de la rue Broca), Evelyne Brisou-Pellen, Corinne Fleurot et Sylvie Girardet. Il collabore aussi à des projets à teneur civique et sociale, dont un manifeste ironique contre la guerre avec Henriette Bichonnier, et des livres autour des initiatives citoyennes avec Sylvie Girardet.
Albums, société d’humour et prix
Parmi ses albums figure 72 dessins d’observation (1975). Avec Bonnot (Claude Favard) et Desclozeaux, il cofonde la Société protectrice de l’humour (SPH), fondée à Avignon (1967). Il reçoit le prix de l’humour noir en 1976 (Grandville) et, plus tard, le grand prix de l’humour tendre au Salon international du dessin de presse et d’humour de Saint-Just-le-Martel (2000, ex æquo).
Une idée du dessin: lucidité et douceur
Puig Rosado formule une réflexion nette sur la supposée “violence” du dessin : « On parle de violence d’un dessin mais ce n’est que du papier et de l’encre. Si je dessine du sang qui coule il est froid. Quand on dit qu’un dessin est horrible c’est faux. Il n’est pas horrible ce n’est que de la fiction. En fin de compte ce qui est horrible c’est la réalité. » (1981)
Son humour est parfois décrit comme une combinaison paradoxale: une douceur méditerranéenne venant tempérer l’humour noir, avec une filiation graphique évoquant Goya, “mais un Goya qui aurait lu Candide” (Walter Lewino, 1961).





