Expédition de votre Canard enchainé

EXPEDITION SOUS 24H

Envoi soigné de votre Canard enchainé

ENVOI SOIGNÉ

Paiement sécurisé pour l'achat de votre Canard enchainé

PAIEMENTS SÉCURISÉS

Livraison offerte de votre Canard enchainé à partir de 15€ de commande

LIVRAISON OFFERTE DÈS 25€ D’ACHAT

Paiement sécurisé pour l'achat de votre Canard enchainé

PAIEMENTS SÉCURISÉS

Les plumes du Canard

Jean Amoretti , dit Micky

1901 - 1966

Sa participation au Volatile : 1929 à 1936

Jean Amoretti, dit « Micky » (collaboration au Canard : 1929-1936)

Un nom, une signature, une voix

Dans la maison du Canard, on ne disait pas « Jean » : on disait « Micky ». C’était sa signature de plume, celle qui coiffait, entre 1929 et 1936, une série de billets brefs et affûtés, publiés en une sous la rubrique « De vous à moi ». On y trouvait l’art du trait qui fait mouche sans monter sur l’estrade, l’actualité passée au tamis d’une ironie sèche, et ce goût du raccourci qui laisse au lecteur le plaisir de compléter la pirouette.

Le journal le rappellera après sa mort : « Nous l’appelions Micky, car c’est ainsi qu’il signait, au Canard enchaîné d’entre les deux guerres, de spirituels propos. »

Une présence familiale qui affleure dans les colonnes

Avant même la période « De vous à moi », son nom apparaît au détour d’une brève d’état civil à Saint-Martin-Vézubie, « notre sympathique concitoyen M. Amoretti » se voit félicité pour la naissance d’un fils, prénommé François, et l’on précise que « le père, la mère, l’enfant et M. Arago se portent bien » (9 avril 1924). Le Canard a ce talent particulier : glisser, entre deux coups de griffe, une poignée de riz jetée au quotidien, une trace de vie sans emphase.

La famille, chez les Amoretti, n’est pas un décor : c’est un chapitre. Micky est le fils d’Henri Amoretti. Et le père, figure de presse et de café, traverse lui aussi les pages, comme un personnage qu’on reconnaît de loin à sa façon d’occuper l’air.

1929-1936 : « De vous à moi », l’art de la notule

Le billet du 11 décembre 1929 donne un bon échantillon de la mécanique Micky : une succession de notations rapides, des paradoxes posés comme des épingles, des observations sur la politique, les modes, les ridicules du moment. Dans ce registre, il n’écrit pas « un article » : il fabrique une chaîne de petites détonations.

Cette rubrique, qu’il conservera jusqu’en 1936, ancre Micky parmi les signatures de la maison : celles qui ne font pas seulement rire, mais qui instaurent un rythme, un rendez-vous, une respiration narquoise au milieu du tumulte.

Un journaliste au-delà du Canard : rédactions, titres, fonctions

Les documents réunis montrent un professionnel qui circule dans la presse et ses coulisses.

En juin 1936, une brève annonce la naissance d’un nouvel hebdomadaire « humoristique et satirique », Madame la Marquise…, et précise : « Rédacteur en chef : Jean Amoretti » (24 juin 1936).
Le même printemps est endeuillé : le Canard apprend la mort de « Mme Jean Amoretti », et publie une note de condoléances (12 mai 1936). Cette mention, sèche et pudique, dit l’essentiel : la vie personnelle bousculée pendant que la machine journalistique continue d’imprimer.

Après la Libération, son nom réapparaît dans un autre contexte : une brève de septembre 1944 évoque un quotidien intitulé « Résistance » et cite « M. Jean Amoretti » au secrétariat de rédaction, « tout frais sorti du marbre de l’Echo de la France » (13 septembre 1944).
On est loin du billet d’humeur : on est dans l’atelier, le “dur”, le travail de rédaction et de fabrication du journal.

Le père, le frère, le “Cadran” : une constellation Amoretti

La mort d’Henri Amoretti (le père) est annoncée avec chaleur : le Canard parle de « notre ancien collaborateur Henri Amoretti », décédé, et adresse ses condoléances à « son fils, notre excellent collaborateur et ami Jean Amoretti » (avec indications d’obsèques et de rendez-vous à Paris).

Cette filiation est rappelée plus tard par Henri Monier, dans un texte nostalgique sur le Café du Cadran, ce café d’habitués où « le Canard » et « l’Œuvre » traînaient leurs conversations et leurs bouclages. Au passage, Monier lâche une de ces étiquettes affectueuses dont il a le secret : Amoretti, « Toulonnais 500 % » (13 avril 1955).

L’autre frère, Henri (Jr) Amoretti, est également présent : un article de juillet 1964 annonce sa mort et mentionne son livre Lyon, capitale, 1940-1944. On y lit surtout, en creux, une scène de famille et de presse : le « père Amoretti » du Cadran ; Jean, « des nôtres » et signant Micky ; Henri, journaliste au Progrès de Lyon (22 juillet 1964).

Portrait moral : froideur de façade, finesse réelle

Le Canard, en 1966, choisit de le faire revivre par les mots de Henri Monier (tirés de A bâton rompu) : un garçon « fluet et glabre », au « maintien froid », auquel on prête “souvent à tort” une attitude anglo-saxonne, mais dont la finesse n’est pas en cause ; « malicieux », et « un excellent reporter ».
Tout est là : l’apparence qui protège, la langue qui pique, et le métier, solide, derrière.

Dernier chapitre

Le numéro du 5 octobre 1966 apprend sa disparition : Micky venait de prendre sa retraite, s’était installé à Nice « il y a un mois », avec Josette et leurs enfants, et il y est mort. Le Canard conclut simplement, à sa manière : une phrase de peine, puis les condoléances « attristées » à ceux qui l’ont aimé.

 

 

Sources et références

  • Le Canard enchaîné, n° 406 (9 avril 1924), brève d’état civil (Saint-Martin-Vésubie).
  • Le Canard enchaîné, n° 702 (11 décembre 1929), « De vous à moi », signé Micky (exemple de rubrique conservée jusqu’en 1936).
  • L’Œuvre (21 décembre 1934), nécrologie d’Henri Amoretti.
  • L’Œuvre (12 mai 1936), brève « Deuil » (décès de Mme Jean Amoretti).
  • Le Journal (24 juin 1936), brève annonçant Madame la Marquise… (Jean Amoretti rédacteur en chef).
  • Le Canard enchaîné, n° 1251 (13 septembre 1944), brève « Des durs » (mention de Jean Amoretti au secrétariat de rédaction de « Résistance »).
  • Le Canard enchaîné, n° 1799 (13 avril 1955), Henri Monier, « Adieu, mon vieux “Cadran” ! »
  • Le Canard enchaîné, n° 2283 (22 juillet 1964), note autour de Lyon, capitale, 1940-1944 et de la famille Amoretti.
  • Le Canard enchaîné, n° 2398 (5 octobre 1966), hommage à Jean Amoretti (« Micky »).