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N° 2744 du Canard Enchaîné – 30 Mai 1973

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Poussée de fièvre présidentielle

Un régime « en très bonne forme », par André Ribaud – Sécurité sociale : Ponia, du pognon ! Le dernier Salon où l’on palpe : Trafic d’armes …et d’influences – Bifteck de pétrole : Un arôme de Fos septique – Ils n’en ont pas qu’en Angleterre : Les glands de ce monde – Les grands courants de la pensée contemporaine : Le néo-romantisme pompidolien – Cinéma : L’épouvantail de Jerry Schatzberg, avec Gene Hackman, Al Pacino –

Couac ! propose ses canards de 3 façons au choix

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Chaque numéro ou journal anniversaire, peut être inséré dans une pochette cadeau au choix, d’un très beau papier pur coton, comportant une illustration originale spécialement réalisée pour COUAC ! par Fabrice Erre ou Laurent Lolmede, ou pour les premiers lecteurs du Canard Enchainé par Lucien Laforge.

Cette pochette cadeau assure aussi une conservation optimale du journal : un papier au PH neutre limitant la dégradation des vieux journaux sur la durée.

Décliné en 4 pochettes originales (5€)
Pochette offerte pour toutes éditions d’un prix supérieur à 59€
Visualiser les illustrations en cliquant sur le nom des auteurs

Enchâssé entre deux feuilles d’acrylique (plexiglass extrudé*) il s’exposera aux regards sous son plus beau jour.

Les propriétés anti-UV de ce plexiglass de 2 mm lui assureront une conservation optimale limitant le jaunissement.

Le maintien entre les deux plaques, avec 8 petites pinces nickelées, supprime la vue des plis ainsi que leurs effets indésirables. Les marges autour du journal sont de 2 cm et sont ajustées au format de l’édition, qui a varié au fil des décennies.

*Transparence, légèreté, résistance aux chocs et aux UV

Cette présentation est déclinée en 2 options :

Plexi transparent (30€) servant de fond, plus discret mais élégant il permet aussi la vision de la dernière page du journal.
Plexi noir (35€) servant de fond, il met en valeur la teinte et le format du journal, s’harmonisant parfaitement avec les encres noires de la page.

Un régime « en très bonne forme »

 Pompidou, la santé d’un homme et celle de la République

Sous la plume d’André Ribaud, l’édition du 30 mai 1973 du Canard enchaîné revient sur un sujet qui hante les couloirs du pouvoir : l’état de santé du président Georges Pompidou. Derrière le titre rassurant – « Un régime en très bonne forme » – se cache une ironie corrosive. Car, au printemps 1973, tout Paris bruisse de rumeurs sur la fatigue du chef de l’État, son apparente lassitude et les indiscrétions sur ses « refroidissements » à répétition. Dans un climat où la campagne présidentielle de 1976 semble déjà lancée, la moindre faiblesse physique prend une dimension politique.

Ribaud souligne l’étrange précocité des ambitions présidentielles. À peine les législatives terminées, les prétendants de la majorité – Giscard, Chaban, Debré – s’agitent déjà autour de la succession. Le « trône présidentiel » devient un objet de convoitise permanente. Le contraste est frappant entre l’inquiétude du peuple, qui observe confusément les signes de fébrilité de Pompidou, et la fébrilité calculée des hiérarques de la majorité, qui projettent l’après-Pompidou comme si l’homme n’était déjà plus qu’un obstacle à contourner.

La satire réside surtout dans la mise en scène du démenti officiel : à force de répéter que le président est « en pleine forme », « en grande forme », qu’il « a mangé de bon appétit » et « repris deux fois de tous les plats », la communication de l’Élysée finit par rendre ces assurances suspectes. Comme l’écrit Ribaud, « on va finir par croire le président Pompidou malade ». L’humour du Canard s’inscrit ici dans une tradition française : celle qui consiste à dire que lorsqu’on insiste trop sur la vigueur d’un homme politique, c’est que la réalité est tout autre.

Mais l’article dépasse la raillerie pour pointer une question de fond : en France, la santé du président est une affaire d’État, au sens propre. Le régime de la Cinquième République repose sur un pouvoir éminemment personnalisé, concentré dans la figure présidentielle. Si Pompidou chancelle, c’est tout l’édifice qui paraît menacé. À l’inverse des États-Unis, où la Maison-Blanche publie des bulletins médicaux réguliers, l’Élysée entretient une opacité totale. Les citoyens sont donc condamnés à interpréter les rumeurs et les indiscrétions.

Ce texte prend une résonance particulière lorsqu’on sait ce que l’histoire confirmera : Georges Pompidou était effectivement malade, atteint d’une affection grave (la maladie de Waldenström) qui l’emportera en avril 1974. L’ironie de Ribaud, en mai 1973, révèle ainsi à la fois l’habileté du Canard à tourner en dérision la communication officielle et sa capacité à anticiper les failles d’un régime trop dépendant d’un seul homme. La « bonne forme » proclamée n’était qu’une façade : la République, déjà, vivait au rythme des battements fragiles du cœur de son président.