Expédition de votre Canard enchainé

EXPEDITION SOUS 24H

Envoi soigné de votre Canard enchainé

ENVOI SOIGNÉ

Paiement sécurisé pour l'achat de votre Canard enchainé

PAIEMENTS SÉCURISÉS

Livraison offerte de votre Canard enchainé à partir de 15€ de commande

LIVRAISON OFFERTE DÈS 25€ D’ACHAT

Paiement sécurisé pour l'achat de votre Canard enchainé

PAIEMENTS SÉCURISÉS

N° 2891 du Canard Enchaîné – 24 Mars 1976

N° 2891 du Canard Enchaîné – 24 Mars 1976

24,00 

En stock

L’ombre de Juillet

Mars 1976 : un décret nomme Pierre Juillet « conseiller auprès du Premier ministre ». Pour Jean Manan, ce n’est pas un détail administratif, mais l’officialisation d’une ombre : celle du vieux barbouze gaulliste qui a fait tomber Chaban, propulsé Messmer, puis porté Chirac à Matignon. Dans « L’ombre de Juillet », Le Canard décrit ce « Judas-en-chef » devenu berger de la majorité, maître des fonds secrets et stratège d’un possible Chirac candidat contre Giscard. Père Joseph, Jeanne d’Arc et croque-mort en même temps : ça fait beaucoup pour un « gentleman-plouc » de la Creuse.

Couac ! propose ses canards de 3 façons au choix

En stock

Canard au naturel
Canard en chemise

Chaque numéro ou journal anniversaire, peut être inséré dans une pochette cadeau au choix, d’un très beau papier pur coton, comportant une illustration originale spécialement réalisée pour COUAC ! par Fabrice Erre ou Laurent Lolmede, ou pour les premiers lecteurs du Canard Enchainé par Lucien Laforge.

Cette pochette cadeau assure aussi une conservation optimale du journal : un papier au PH neutre limitant la dégradation des vieux journaux sur la durée.

Décliné en 4 pochettes originales (5€)
Pochette offerte pour toutes éditions d’un prix supérieur à 59€
Visualiser les illustrations en cliquant sur le nom des auteurs

Canard laqué

Enchâssé entre deux feuilles d’acrylique (plexiglass extrudé*) il s’exposera aux regards sous son plus beau jour.

Les propriétés anti-UV de ce plexiglass de 2 mm lui assureront une conservation optimale limitant le jaunissement.

Le maintien entre les deux plaques, avec 8 petites pinces nickelées, supprime la vue des plis ainsi que leurs effets indésirables. Les marges autour du journal sont de 2 cm et sont ajustées au format de l’édition, qui a varié au fil des décennies.

*Transparence, légèreté, résistance aux chocs et aux UV

Cette présentation est déclinée en 2 options :

Plexi transparent (30€) servant de fond, plus discret mais élégant il permet aussi la vision de la dernière page du journal.
Plexi noir (35€) servant de fond, il met en valeur la teinte et le format du journal, s’harmonisant parfaitement avec les encres noires de la page.

L’ombre de Juillet sur Matignon

En mars 1976, Jacques Chirac est officiellement le Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing. Officieusement, explique Jean Manan dans « L’ombre de Juillet » (Au Cocotier, 24 mars 1976), il vient de s’acheter une conscience politique en la personne de Pierre Juillet, « Judas-en-chef » autoproclamé. Le Journal officiel du 16 mars a fait de ce vieux gaulliste son « conseiller auprès du Premier ministre ». Autrement dit : on régularise un rapport de forces qui, dans les faits, existe depuis longtemps.

Barbouze de Pompidou, parrain de Chirac

Manan rembobine le CV de l’intéressé. Ancien du S.D.E.C.E. en Belgique, sous le pseudo un peu gothique de « Belvédère », Juillet traîne une réputation de barbouze d’élite, spécialiste des « coups tordus ». Il a été le conseiller intime de Georges Pompidou, puis l’ennemi juré de Jacques Chaban-Delmas dont il a savonné la planche. C’est lui qui a poussé Pompidou à limoger Chaban, puis à installer Messmer à Matignon.

Avec Chirac, il organise ensuite ce que le Canard appelle sans chichi la « trahison de Chaban par l’UDR » en 1974, au profit de Giscard. D’où cette image de « Judas-en-chef apparent », gérant l’hôtel des Trente deniers, toujours à la bonne place pour encadrer les ambitieux gaullistes.

Un gadget chiraquien pour mater la majorité

Officiellement, disent les giscardiens, la nomination de Juillet n’est qu’un « gadget chiraquien », un truc pour rassurer les députés UDR récalcitrants : l’ombre tutélaire du vieux gaullisme veille sur le Premier ministre, qui saura « travailler davantage leurs circonscriptions » et se montrer un peu moins euro-béat et un peu plus politicien.

Mais Manan insiste sur un détail : Juillet aura surtout « pour avoir la main plus sûre, les fonds secrets de Matignon à sa disposition ». Autrement dit, la caisse noire de la majorité. À l’époque, ces fonds permettent de huiler les fidélités, d’aider les campagnes difficiles, de faire passer quelques messages discrets. L’ombre de Juillet, c’est aussi celle du carnet de chèques.

Berger, bélier et bêtes à cornes

Les « U.D.R. informés » que cite le Canard donnent une autre lecture : devant le vide sidéral du personnel dirigeant giscardien, entre Poniatowski, Lecanuet et quelques centristes oscillant « entre le non-être et le néant », Chirac et Giscard auraient voulu se doter d’un grand berger pour canaliser la majorité. Juillet, « grand éleveur d’ovins dans la Creuse », serait tout désigné « pour rassembler et discipliner les bêtes à cornes ».

La métaphore pastorale va loin : Péguy est convoqué de façon potache (« Juillet, c’est Jeanne d’Arc ») et l’on annonce le « miracle de 1978 », les législatives où l’UDR-RPR doit s’imposer face à la gauche mitterrandienne. Dans cette histoire, Chirac n’est plus seulement l’éternel « bulldozer » : il devient le bélier que Juillet pousse contre la porte de l’Élysée.

Un avertissement pour Giscard

La fin du billet est plus venimeuse encore. Selon « les gens de sang-froid », Juillet aurait laissé entendre qu’il était temps que « le président préside les Français » et que le pouvoir revienne à Matignon. Formule faussement respectueuse qui revient à dire : Giscard se contente de couper des rubans et de parler Europe, pendant que Chirac gouverne vraiment.

Manan pousse le raisonnement : si, en 1978, la gauche remportait les législatives, François Mitterrand monterait à Matignon. D’où l’idée que « le bélier favori du berger Juillet », c’est-à-dire Chirac, pourrait être prêt dès 1981 à faire le candidat présidentiel à la place du doux V.G.E. qui risquerait de ne pas finir son septennat à l’Élysée.

Conclusion au scalpel : Juillet est à la fois « Père Joseph, Jeanne d’Arc et le sabre de Monsieur Prudhomme », brandi au besoin pour sauver le président, ou pour l’enterrer. Pour un simple « conseiller auprès du Premier ministre », ça fait beaucoup. Le Canard résume ainsi la politique française de 1976 : dans l’ombre des décrets et des sourires giscardiens, un vieux conspirateur gaulliste tient la laisse du Premier ministre… et commence à mesurer la taille du futur costume présidentiel.