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N° 2994 du Canard Enchaîné – 15 Mars 1978

N° 2994 du Canard Enchaîné – 15 Mars 1978

19,00 

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Les retrouvailles entre “chers camarades” et “chers amis” (15 mars 1978)
Quand Georges caresse le Robert de François…

15 mars 1978, entre deux tours: au “sommet” de la gauche, le PC arrive “accord comme dans du beurre”, on rit, on signe, et Mauroy lâche qu’on aurait pu conclure dès septembre. Mitterrand rédige, Marchais réclame son mot, et l’union se fait… à coups de petites clauses. Pendant ce temps, au Comité central, le PC “chiffre” la défaite: un ordinateur sort 51 % pour la gauche, preuve qu’il est “de gauche”. Dans le PS, tendances et rancœurs s’agitent autour de Rocard, du CERES et de Mitterrand. Trois hommes dans un bateau: faut ramer, même en grinçant.

Couac ! propose ses canards de 3 façons au choix

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Canard au naturel
Canard en chemise

Chaque numéro ou journal anniversaire, peut être inséré dans une pochette cadeau au choix, d’un très beau papier pur coton, comportant une illustration originale spécialement réalisée pour COUAC ! par Fabrice Erre ou Laurent Lolmede, ou pour les premiers lecteurs du Canard Enchainé par Lucien Laforge.

Cette pochette cadeau assure aussi une conservation optimale du journal : un papier au PH neutre limitant la dégradation des vieux journaux sur la durée.

Décliné en 4 pochettes originales (5€)
Pochette offerte pour toutes éditions d’un prix supérieur à 59€
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Canard laqué

Enchâssé entre deux feuilles d’acrylique (plexiglass extrudé*) il s’exposera aux regards sous son plus beau jour.

Les propriétés anti-UV de ce plexiglass de 2 mm lui assureront une conservation optimale limitant le jaunissement.

Le maintien entre les deux plaques, avec 8 petites pinces nickelées, supprime la vue des plis ainsi que leurs effets indésirables. Les marges autour du journal sont de 2 cm et sont ajustées au format de l’édition, qui a varié au fil des décennies.

*Transparence, légèreté, résistance aux chocs et aux UV

Cette présentation est déclinée en 2 options :

Plexi transparent (30€) servant de fond, plus discret mais élégant il permet aussi la vision de la dernière page du journal.
Plexi noir (35€) servant de fond, il met en valeur la teinte et le format du journal, s’harmonisant parfaitement avec les encres noires de la page.

Les retrouvailles entre “chers camarades” et “chers amis” (15 mars 1978)
Quand Georges caresse le Robert de François…

Un “sommet” de la gauche: on sort le beurre, on range les couteaux

Le Canard plante d’entrée le décor comme une comédie de salon, version Comité directeur. Lundi, au “sommet” de la gauche, le Parti communiste arrive “accord comme dans du beurre”, décidé à se montrer conciliant avant même de s’asseoir. Mieux: à la fin, Pierre Mauroy lâche à la délégation communiste, avec ce petit air “vous voyez bien” qui fait les réconciliations plus savoureuses: “Pour en arriver là, nous aurions pu signer dès le 22 septembre!” Sourires dans le PC, rires même. L’Accord, celui de septembre 1977 (programme commun réactualisé, désistements, petites clauses de coexistence), repasse au four. Et la conclusion qui flotte, méchante comme une vérité simple: l’esprit de conciliation du PC et la signature de l’Accord, ça sent la tactique… et “certains” au PS en tirent une prédiction: “la gauche ne gagnera pas”.

En mars 1978, on est entre les deux dimanches des législatives (12 et 19). Le premier tour vient de tomber, et la gauche, donnée favorite, a trébuché. Le Canard se régale de ces minutes où les états-majors avalent leurs certitudes et recrachent des explications.

Mitterrand, Marchais: le texte commun, le sourire rare, et les mots qui grattent

Au centre, le duo Mitterrand-Marchais se parle comme on s’échange des cartes à jouer, en surveillant les doigts. Le Canard rapporte cet échantillon de dialogue “en douceur” entre Robert Fabre (MRG), Pierre Mauroy et, côté PC, Georges Marchais. Mitterrand arrive avec un texte “élaboré par notre comité directeur” à discuter. Marchais répond: très bien, mais nous préférerions le programme commun de gouvernement. Puisqu’il y a divergence, “surmontons” la divergence… mais “souhaitons” intégrer au texte les mesures sociales et économiques sur lesquelles “nous étions mis d’accord le 22 septembre 1977”. Autrement dit: on veut bien avancer, à condition de revenir exactement où l’on était.

Et Mitterrand, en artiste du stylo, “rédige” vite un texte… qui “meurt d’une malheureuse imprudence”: il déclare à la fin de la réunion qu’il n’y a qu’une difficulté, à propos de “l’aide financière à apporter aux entreprises” qui devraient supporter le SMIC à 2 400 francs. Le PC “a finalement cédé”, mais réclame un petit “mot sur les rapatriés”. “Va pour les rapatriés”, dit Marchais… et tout le monde éclate de rire. La scène est parfaite: on s’écharpe sur le social, on plaisante sur les rapatriés, et l’on signe au feutre la réconciliation de circonstance.

Les socialistes comptent, les communistes “chiffrent”: l’ordinateur de gauche

La seconde partie de l’article, “Le langage chiffré du PC”, montre le Canard dans son sport favori: écouter comment un parti recolle une défaite avec des pourcentages. Au Comité central du PC, l’idée dominante, écrit-il, est “la faute des socialistes”. Conclusion des dirigeants: “cela nous a coûté pas mal de suffrages” et le PS “a récolté pas mal”. Le plus drôle, c’est que Mitterrand confie en privé: la “polémique” menée par les communistes lui aurait fait perdre “4 % des voix”. À chacun sa vérité, et à chacun son boulier.

Le PC, raconte le Canard, refuse de croire aux premières estimations. La presse dit dimanche soir: la gauche “seulement” 50 %. Alors le PC enfourne dans un ordinateur toutes les statistiques établies par ses fédérations: résultat, “51 points pour la gauche, 48 pour l’ex-majorité et 1 % d’inclassables”. “Ce doit être un ordinateur de gauche.” Voilà l’esprit Canard: la machine à calculer devient militante, le chiffre devient un refuge moral. Quand la réalité résiste, on la repasse en comptabilité interne.

Rocard, Mauroy, Joxe, le CERES: caresses, humeurs et coups de rame

Et le titre, “Quand Georges caresse le Robert de François…”, annonce la petite musique interne du PS. Rocard, c’est le socialiste qu’on salue et qu’on surveille; Marchais le communiste qu’on cajole et qu’on soupçonne; Mitterrand le capitaine qui tient la barre et laisse les autres se disputer l’écume.

Le Canard explique que, derrière la scène d’union, les tendances socialistes s’agitent: Mauroy, Joxe et le CERES jugent que la gauche, “en tout état de cause”, ferait “bon score” au deuxième tour et que Georges Sarre (CERES) intervient dans ce sens. Après chaque élection, dit Mauroy, le parti traverse une “dépression” et pourtant “nous avons largement progressé”. Conclusion: mieux vaut perdre dans l’union que gagner dans la division… ou l’inverse, selon l’humeur du soir.

Trois tendances se dessinent, croquées comme des caricatures politiques:

  • Les durs: “perdre pour perdre”, autant “ne rien céder au PC”.
  • Les conventionnels: Joxe, accroché à Rocard sur le SMIC à 2 400 francs (auquel Rocard ne se rallierait “qu’au contraire forcé”).
  • Mitterrand lui-même: attitude assez “dure” envers le PC, tout en maintenant l’idée qu’il faut “continuer à la table des négociations”. Et, note le Canard, pas de conflit majeur avec le CERES: “c’est toujours ça”.

En bas, le dessin “Trois hommes dans un bateau” résume la situation: on rame ensemble, mais chacun tient la rame comme une arme. “On a fait ce qu’on a pu pour éviter le naufrage. Maintenant faut y aller.” Ce “y aller”, c’est le second tour, avec ses désistements, ses rancœurs, et cette question qui grince: la gauche peut-elle gagner en se parlant comme à un tribunal?

L’union, ce grand sport où l’on s’entraîne à se détester poliment

Ce papier du Canard capte l’instant précis où l’union de la gauche ressemble moins à une marche triomphale qu’à une colocation après dispute: on range la vaisselle, on échange deux blagues, et on repart se compter les points. Au fond, on comprend que la défaite du 12 mars n’est pas seulement électorale: elle est psychologique. Elle oblige à rejouer la pièce, mais avec moins de certitudes, plus d’arithmétique, et une tendresse qui a souvent le goût du calcul.