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N° 3025 du Canard Enchaîné – 18 Octobre 1978

N° 3025 du Canard Enchaîné – 18 Octobre 1978

19,00 

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Vive la Pologne, Messeigneurs !

Octobre 1978 : surprise au balcon de Saint-Pierre, le nouveau pape est polonais. Gabriel Macé raconte l’instant où Rome demande “Ma chi è ?” et où les pronostics s’écrasent comme une hostie mal lancée : ordinateur américain, prophéties de saint Malachie, favoris du conclave… tout le monde “se met le doigt dans l’œil”. Entre “pape robuste”, diplomatie d’Ostpolitik et petit encadré “Hélas !” sur le candidat rêvé du Canard, la fumée blanche prend un léger parfum de vodka.

Couac ! propose ses canards de
3 façons au choix

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Canard au naturel
Canard en chemise

Chaque numéro ou journal anniversaire, peut être inséré dans une pochette cadeau au choix, d’un très beau papier pur coton, comportant une illustration originale spécialement réalisée pour COUAC ! par Fabrice Erre ou Laurent Lolmede, ou pour les premiers lecteurs du Canard Enchainé par Lucien Laforge.

Cette pochette cadeau assure aussi une conservation optimale du journal : un papier au PH neutre limitant la dégradation des vieux journaux sur la durée.

Décliné en 4 pochettes originales (5€)
Pochette offerte pour toutes éditions d’un prix supérieur à 59€
Visualiser les illustrations en cliquant sur le nom des auteurs

Canard laqué

Enchâssé entre deux feuilles d’acrylique (plexiglass extrudé*) il s’exposera aux regards sous son plus beau jour.

Les propriétés anti-UV de ce plexiglass de 2 mm lui assureront une conservation optimale limitant le jaunissement.

Le maintien entre les deux plaques, avec 8 petites pinces nickelées, supprime la vue des plis ainsi que leurs effets indésirables. Les marges autour du journal sont de 2 cm et sont ajustées au format de l’édition, qui a varié au fil des décennies.

*Transparence, légèreté, résistance aux chocs et aux UV

Cette présentation est déclinée en 2 options :

Plexi transparent (30€) servant de fond, plus discret mais élégant il permet aussi la vision de la dernière page du journal.
Plexi noir (35€) servant de fond, il met en valeur la teinte et le format du journal, s’harmonisant parfaitement avec les encres noires de la page.

Vatican, année des trois papes : quand la fumée blanche sent la vodka

Le 18 octobre 1978, Le Canard enchaîné fait ce qu’il préfère : prendre un événement mondial, le poser sur une table de cuisine, et vérifier s’il tient debout sans l’encens. Deux jours plus tôt, la loggia de Saint-Pierre a lâché un nom qui a fait hoqueter Rome : Karol Wojtyła, Polonais, donc « pape étranger » au sens italien du terme (c’est-à-dire : tout ce qui n’est pas né à deux stations de tram du Vatican). Macé ouvre la scène comme une comédie de stupeur : la foule demande « Ma chi è ? », et l’Histoire répond, avec son calme de bulldozer : « un pape venu du froid ».

Le décor est connu, mais 1978 lui donne un coup d’accélérateur : Paul VI est mort en août, Jean-Paul Ier a régné trente-trois jours, et voilà que l’Église remet la main à la pâte, façon boulanger pressé, pour un nouveau conclave. Trois papes en quelques semaines : même les cérémonies baroques finissent par ressembler à une série télé en binge watching, avec soutanes, rumeurs et suspense à l’italienne. Le Canard, lui, ne pleure pas la liturgie : il observe la mécanique, et surtout ceux qui prétendent l’avoir prévue.

La prophétie, ce sport où l’on finit toujours par se mettre le doigt dans l’œil

Macé s’amuse d’abord avec les oracles de service. D’un côté, l’ordinateur américain, censé avaler des données et recracher un pape comme un ticket de métro. De l’autre, saint Malachie, fournisseur antique de devises mystérieuses, l’ancêtre du pronostic « confidentiel » qu’on vous jure imparable. Résultat : les deux se plantent, et Macé jubile. La prophétie, chez lui, n’est pas un don : c’est un gymkhana où l’on se félicite d’avoir presque raison, puis où l’on change les règles après la course.

La trouvaille est délicieuse : si l’élu est un outsider, c’est que les outsiders étaient prévus. On avait dit « outsider », donc on n’a pas tort, on a seulement… été « outsiderés ». Le verbe claque comme une soutane mouillée : l’ironie du Canard, c’est de montrer que la certitude est un animal qui retombe toujours sur ses pattes, même quand on lui a scié la moitié des jambes.

Le Pologne-shot : un pape, un pays, un bloc

Mais sous les calembours, l’époque mord. En 1978, la Pologne est derrière le Rideau de fer. Un pape polonais, c’est une secousse dans la diplomatie vaticane, et une autre dans la guerre froide. Macé glisse là où ça pique : si Brejnev se dit « très satisfait », c’est que le Vatican, depuis des années, pratique une politique d’ouverture à l’Est, l’Ostpolitik, faite de prudence, de dialogues et de calculs. Le Canard traduit à sa façon : une Église qui jongle entre le spirituel et le géopolitique, et qui découvre que l’encens a parfois l’odeur d’un couloir ministériel.

Là encore, l’humour sert de scalpel. Jean-Paul II devient « Jean Polski », sportif, robuste, capable de survivre aux courants d’air de la curie. Après un pape « surprise » et un pape « sourire » fauché au bout d’un mois, on veut du solide. Le Canard ne sanctifie pas : il commente la demande de robustesse comme on parle d’un recrutement urgent après deux CDD qui ont explosé en plein service.

“Hélas !” ou l’art très catholique de regretter un pape qu’on n’a jamais eu

Et puis il y a le petit billet « Hélas ! », miniature venimeuse comme un bonbon au poivre. Le Canard y pleure (façon de parler) son favori : le cardinal Pappalardo, dont le nom, évidemment, était une plaisanterie en soi, trop belle pour être vraie. L’encadré fonctionne comme un rappel : même au Vatican, il y a des campagnes, des paris, des favoris, des recalés. Et Le Canard se comporte comme un turfiste sentimental : il a son cheval, il a son ticket, et il commente la course en ricanant de l’arrivée.

Ce double mouvement fait le sel de l’ensemble : d’un côté, la grande Histoire (un pape polonais, l’Est, la diplomatie), de l’autre, la petite comédie (pronostics, devises, noms, regrets). Macé ne choisit pas : il superpose. Et au passage, il rappelle que la religion, dans un journal satirique, est un formidable révélateur de langage : on y vend du mystère, on y fait de la politique, on y fabrique du symbole, et tout cela se prête merveilleusement au démontage.

Reste la chute, typiquement canardière : « Quand le pape boit, la chrétienté est ivre ». Ce n’est pas seulement une blague de vodka, c’est une façon de dire qu’un pape n’est jamais seul : il entraîne derrière lui une machine, des fidèles, des effets de halo, des emballements. Et que, dans cette ivresse collective, le mieux est encore de garder l’œil ouvert… même si, comme les prophètes de la semaine, on finit souvent par se le mettre dedans.