Expédition de votre Canard enchainé

EXPEDITION SOUS 24H

Envoi soigné de votre Canard enchainé

ENVOI SOIGNÉ

Paiement sécurisé pour l'achat de votre Canard enchainé

PAIEMENTS SÉCURISÉS

Livraison offerte de votre Canard enchainé à partir de 15€ de commande

LIVRAISON OFFERTE DÈS 25€ D’ACHAT

Paiement sécurisé pour l'achat de votre Canard enchainé

PAIEMENTS SÉCURISÉS

N° 3030 du Canard Enchaîné – 22 Novembre 1978

N° 3030 du Canard Enchaîné – 22 Novembre 1978

19,00 

En stock

Le Canard casse le morceau

En 1978, Le Canard profite du film Le Sucre pour rouvrir le dossier du krach sucrier de 1974: pénurie annoncée, cours qui s’emballent, ruée des spéculateurs… puis chute, surtout pour les petits. Jacques Lamalle recolle les étiquettes: derrière la comédie, une mécanique de marché, d’intermédiaires et de banques où les “gros morceaux” retombent sur un matelas, et les “petits” sur le carrelage. En contrechamp, Grousset salue une satire claire, parfois appuyée, souvent efficace.

Couac ! propose ses canards de
3 façons au choix

En stock

Canard au naturel
Canard en chemise

Chaque numéro ou journal anniversaire, peut être inséré dans une pochette cadeau au choix, d’un très beau papier pur coton, comportant une illustration originale spécialement réalisée pour COUAC ! par Fabrice Erre ou Laurent Lolmede, ou pour les premiers lecteurs du Canard Enchainé par Lucien Laforge.

Cette pochette cadeau assure aussi une conservation optimale du journal : un papier au PH neutre limitant la dégradation des vieux journaux sur la durée.

Décliné en 4 pochettes originales (5€)
Pochette offerte pour toutes éditions d’un prix supérieur à 59€
Visualiser les illustrations en cliquant sur le nom des auteurs

Canard laqué

Enchâssé entre deux feuilles d’acrylique (plexiglass extrudé*) il s’exposera aux regards sous son plus beau jour.

Les propriétés anti-UV de ce plexiglass de 2 mm lui assureront une conservation optimale limitant le jaunissement.

Le maintien entre les deux plaques, avec 8 petites pinces nickelées, supprime la vue des plis ainsi que leurs effets indésirables. Les marges autour du journal sont de 2 cm et sont ajustées au format de l’édition, qui a varié au fil des décennies.

*Transparence, légèreté, résistance aux chocs et aux UV

Cette présentation est déclinée en 2 options :

Plexi transparent (30€) servant de fond, plus discret mais élégant il permet aussi la vision de la dernière page du journal.
Plexi noir (35€) servant de fond, il met en valeur la teinte et le format du journal, s’harmonisant parfaitement avec les encres noires de la page.

Quand le sucre fait tourner la tête… et les comptes

En novembre 1978, Le Canard joue les projectionnistes… mais avec une lampe de mineur. Le film Le Sucre remet en scène le krach de la spéculation sucrière à Paris (décembre 1974), et Jacques Lamalle en profite pour recoller les étiquettes sur les bocaux: derrière la comédie, une mécanique très sérieuse de marché “organisé”, d’intermédiaires très organisés, et de petits porteurs priés de rester… petits.

On n’est pas dans l’innocent “on a tenté un coup”. On est dans le grand classique: un produit banal, une pénurie annoncée ou fantasmée, des cours qui s’emballent, puis la ruée. Et quand ça retombe, ça ne retombe pas sur tout le monde pareil. Les plus légers finissent écrasés, les plus lourds retombent sur des matelas.

Le décor: betteraves, marchés, et poudre aux yeux

Lamalle rappelle le point de départ: campagne sucrière, commerce européen, soubresauts internationaux… et une place parisienne où l’on découvre que la “marchandise” peut devenir un prétexte. Le sucre sert de carburant à une spéculation en chaîne, avec ses rites: appels de marge, lots, commissions, et cette impression que la Bourse est un casino, mais avec des huissiers, des parapheurs et des gens très bien mis.

Le texte découpe l’affaire en “morceaux” (petits et gros) et c’est là que le rire coince un peu dans la gorge: les “petits” sont nombreux, remuants, interchangeables; les “gros”, eux, ont des noms, des réseaux, et le sens du parapluie.

La CLAM, les marges, et le moment où la musique s’arrête

Au centre, une pièce maîtresse: la CLAM, organisme bancaire censé “gérer le marché”. Formule superbe: gérer le marché, comme on gère un incendie en vendant des allumettes. Quand la maison brûle, les résultats ne sont plus “couverts”, et la caisse se retrouve vide au pire moment, celui où tout le monde réclame.

Lamalle insiste sur la chaîne de responsabilités et de protections: commissaires, présidents, “interprètes”, banques et tuyauteries. L’article a cette cruauté précise du Canard: il ne se contente pas de dire “ça sent l’arnaque”, il montre comment ça peut sentir l’arnaque tout en restant parfumé “règlement du marché”.

Et puis vient la scène-clé, celle que le film dramatise et que l’article remet à l’heure exacte: fermeture, panique, sauvetage, réouverture. La morale, chez Lamalle, n’est pas “la cupidité est mauvaise” (catéchisme de fin de repas), mais “les règles ne punissent pas les mêmes appétits”. Les petits spéculateurs sont priés de se noyer en silence, pendant que les gros trouvent toujours une bouée homologuée.

Le film vu par Grousset: une satire qui croque… puis mâche

La critique de Jean-Paul Grousset (page 7) sert de contrechamp. Il résume le processus sans fioritures: pénurie feinte, ruée sur les stocks, hausse, afflux de spéculateurs… et surtout le casse-pipe des petits. Le film, dit-il en substance, a la bonne idée d’être joyeusement caustique, de rendre l’exposé clair, de croquer une galerie de “magouilleurs” lisible.

Grousset note aussi les limites: par moments la caricature force, et l’action ralentit vers la fin. Mais l’essentiel est là: de très bons moments, et une distribution qui donne un visage aux rôles (le “gogo” magnifique, l’entremetteur, le filou, le grand maître de la combine). Là où Lamalle nomme les rouages, Grousset salue l’efficacité du projecteur: on comprend, on rit, et on grimace ensuite, parce qu’on a compris.

Le vrai sucre du papier: synchroniser la comédie et le réel

Ce que Le Canard “casse”, au fond, ce n’est pas seulement un morceau de sucre: c’est le petit mensonge confortable selon lequel la spéculation serait une fête où chacun paie son ticket. Lamalle démonte l’illusion du jeu égal. Grousset applaudit le film quand il met cette inégalité en scène sans la noyer dans la morale.

Résultat: un diptyque rare, où la fiction sert d’appât (un bonbon satirique), et où le journal ramène le lecteur au goût de cendre des dossiers: commissions, banques, “marché” prétendument régulé, et, au bout, des perdants choisis d’avance. Le sucre, ce n’est pas que du cinéma. C’est aussi une vieille spécialité française: caraméliser les risques pour que ça passe… jusqu’au moment où ça colle aux doigts.