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N° 3038 du Canard Enchaîné – 17 Janvier 1979

N° 3038 du Canard Enchaîné – 17 Janvier 1979

19,00 

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Iran

17 janvier 1979: l’Iran se dérobe sous le chah, et le Canard observe ceux qui changent déjà de tapis. Page 3, «Giscard flatte le parti khomeyniste»: l’Élysée parie contre Bakhtiar, cajole Khomeyni, pendant que les Américains transpirent pour leur arsenal et que l’axe “antisoviétique” se fissure. Pages 5-6, Bernard Thomas signe une «Lettre persane» au vitriol, où Farah Diba tutoie son «chat» et compte les milliards; Jeanne Lacane, elle, peigne la panique au salon: couronne qui chancelle, bigoudis sans fer, et “mass-médiocres” en guise de chauffage.

Couac ! propose ses canards de
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Canard au naturel
Canard en chemise

Chaque numéro ou journal anniversaire, peut être inséré dans une pochette cadeau au choix, d’un très beau papier pur coton, comportant une illustration originale spécialement réalisée pour COUAC ! par Fabrice Erre ou Laurent Lolmede, ou pour les premiers lecteurs du Canard Enchainé par Lucien Laforge.

Cette pochette cadeau assure aussi une conservation optimale du journal : un papier au PH neutre limitant la dégradation des vieux journaux sur la durée.

Décliné en 4 pochettes originales (5€)
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Canard laqué

Enchâssé entre deux feuilles d’acrylique (plexiglass extrudé*) il s’exposera aux regards sous son plus beau jour.

Les propriétés anti-UV de ce plexiglass de 2 mm lui assureront une conservation optimale limitant le jaunissement.

Le maintien entre les deux plaques, avec 8 petites pinces nickelées, supprime la vue des plis ainsi que leurs effets indésirables. Les marges autour du journal sont de 2 cm et sont ajustées au format de l’édition, qui a varié au fil des décennies.

*Transparence, légèreté, résistance aux chocs et aux UV

Cette présentation est déclinée en 2 options :

Plexi transparent (30€) servant de fond, plus discret mais élégant il permet aussi la vision de la dernière page du journal.
Plexi noir (35€) servant de fond, il met en valeur la teinte et le format du journal, s’harmonisant parfaitement avec les encres noires de la page.

17 janvier 1979: à Téhéran, le trône glisse; à Paris, on cire déjà l’autre botte

«Giscard flatte le parti khomeyniste» (p. 3): l’Élysée joue l’informé, comme on joue la Bourse

Le Canard présente la scène avec ce calme perfide des gens qui ont déjà rangé le mouchoir… et sorti la loupe. Giscard, nous dit-on, «ne miserait pas un rond sur l’avenir du gouvernement Bakhtiar face à l’ayatollah Khomeyni». Autrement dit: à l’heure où l’Iran vacille, l’Élysée s’empresse d’avoir raison avant tout le monde. On s’y croit «bien informé», et «depuis très longtemps», grâce aux rapports de l’ambassadeur Raoul Delaye. Le message est net: si le Shah tombe, on pourra toujours expliquer qu’on l’avait vu venir, et même… qu’on avait pris date avec l’autre camp.

D’où ce titre qui résume une diplomatie de fin de règne: Giscard «flatte le parti khomeyniste», partage «ses soucis» entre le chah et Khomeyni, et prodigue «ses bonnes manières» au «seul ayatollah». Le Canard insiste aussi sur l’inquiétude américaine: les «Ricains» auraient «quelques sueurs froides» à l’idée que l’arsenal livré à l’Iran puisse passer «entre les mains d’un gouvernement moins docile». La docilité, c’est pratique: ça s’exporte en caisses de matériel, et ça se perd en une manif.

Dans «La gaffe américaine», le journal raille le retard à l’allumage de Washington: comme au Portugal en 1974, on n’a senti «que le vent tournait» qu’au dernier moment. Les Américains auraient cru que le chah «tirerait son épingle du jeu»… sauf qu’en Iran, l’épingle ressemble plutôt à une baïonnette, et ça ne recoud pas une légitimité.

Et puis il y a «L’iman caché», détour savoureux où l’on croise Kadhafi et le mystère Moussa El Sadr, entre rumeurs, filières et bénédictions opportunes. Le texte s’achève sur une sentence qui claque: le grand projet américain d’axe antisoviétique (jusqu’à inclure, excusez du peu, «… Israël») «prend un coup». Pourquoi? «Parce que le chah était un mauvais cheval.» Dans la bouche du Canard, ce n’est pas une métaphore: c’est un reçu.

«Lettre persane» (Bernard Thomas, p. 5): Farah Diba écrit au “chat”… et griffe tout le monde

Changement de ton, mais pas de cible: Bernard Thomas prête sa plume à une Farah Diba de comédie noire, s’adressant au chah comme à un animal de salon: «Mon chat…» Le tutoiement est sucré, le contenu, lui, est au vitriol. La “reine” console son «gardien du golfe Persique» congédié «comme un valet», et rappelle au passage ce que les alliés préféraient ne pas voir: «étriper, brûler vif, pendre, électrocuter tant de gens, l’élite presque de la nation». C’est dit d’un trait, presque comme une corvée de ménage. Dans ce courrier imaginaire, l’horreur est un métier, et la gratitude américaine, une plaisanterie.

La lettre fait aussi l’inventaire des bijoux et des comptes, avec cette coquetterie d’Ancien Régime appliquée aux “pétrodollars”: adieu «cuillères en or», «vaisselle en vermeil», «diamants de la couronne». Heureusement, souffle Farah, «nous ayons mis quelque argent à gauche, je veux dire à droite!» Et de citer Le Canard lui-même, qui chiffrait leurs «petites économies en milliards lourds»: l’équivalent «du budget de la France chaque année». La chute est parfaite: «C’est que l’Iran est riche. Était, devrais-je dire.» Le peuple qui «pleure misère»? Une incompréhension, presque une mauvaise éducation.

Le morceau vise enfin les défenseurs médiatiques du régime, Édouard Sablier en tête, décrivant les opposants comme des «terroristes», «professionnels», flanqués de Baader, des Brigades rouges, et même de Carlos, tant qu’à faire. Le Canard se régale de ces grands sacs à épouvantails: quand le trône craque, on sort le dictionnaire des peurs.

«C’est Pahlavi, la vie qu’on vit» (Jeanne Lacane, p. 6): bigoudis, couronnes et panique bien plaquée

Jeanne Lacane, elle, prend l’affaire par le peigne et le potin, ce qui revient à la même chose dès qu’il s’agit de monarchie. Au salon de coiffure, chez Gérald, les dames commentent Farah Diba comme une permanente ratée: Figaro-Magazine titre sur «la couronne qui chancelle», Point de vue distribue des images du monde “avec éblouissement”. Lacane déroule les noms, les mariages, les divorces, Soraya, les nostalgies de France-Dimanche… et pointe surtout la misère du décor quand le pouvoir s’en va: «Des souverains sans sujets, c’est comme un bigoudi sans fer à friser.»

La cruauté est élégante: on ne renverse pas un régime, on lui enlève son coiffeur, son manucure, sa vitrine. Et la chronique se termine sur le coupable idéal, celui qui tient chaud à tout le monde quand l’histoire refroidit: «les mass-médiocres». À Téhéran, la rue gronde. À Paris, on raconte. Au Canard, on note qui flatte, qui ment, et qui se recoiffe.