Expédition de votre Canard enchainé

EXPEDITION SOUS 24H

Envoi soigné de votre Canard enchainé

ENVOI SOIGNÉ

Paiement sécurisé pour l'achat de votre Canard enchainé

PAIEMENTS SÉCURISÉS

Livraison offerte de votre Canard enchainé à partir de 15€ de commande

LIVRAISON OFFERTE DÈS 25€ D’ACHAT

Paiement sécurisé pour l'achat de votre Canard enchainé

PAIEMENTS SÉCURISÉS

N° 3095 du Canard Enchaîné – 20 Février 1980

N° 3095 du Canard Enchaîné – 20 Février 1980

19,00 

En stock

« Le Canard » a retrouvé des diamants de Giscard

Dans Le Canard enchaîné du 20 février 1980, Louis-Marie Horeau raconte comment une partie des diamants de Giscard refait surface… non pas en vitrine, mais derrière une porte surveillée par caméra, cinq étages au-dessus de la rue Saint-Sauveur. Chez “Soubrenie et Bois”, atelier travaillant les métaux précieux, le journal piste une commande aussi discrète que symbolique: graver le nom du Président “sur la crosse d’un fusil de chasse” en pierres de choix. Au passage, les joyaux de Bokassa ne sont jamais bien loin. Le secret est l’outil, l’enquête le contrepoison.

Couac ! propose ses canards de
3 façons au choix

En stock

Canard au naturel
Canard en chemise

Chaque numéro ou journal anniversaire, peut être inséré dans une pochette cadeau au choix, d’un très beau papier pur coton, comportant une illustration originale spécialement réalisée pour COUAC ! par Fabrice Erre ou Laurent Lolmede, ou pour les premiers lecteurs du Canard Enchainé par Lucien Laforge.

Cette pochette cadeau assure aussi une conservation optimale du journal : un papier au PH neutre limitant la dégradation des vieux journaux sur la durée.

Décliné en 4 pochettes originales (5€)
Pochette offerte pour toutes éditions d’un prix supérieur à 59€
Visualiser les illustrations en cliquant sur le nom des auteurs

Canard laqué

Enchâssé entre deux feuilles d’acrylique (plexiglass extrudé*) il s’exposera aux regards sous son plus beau jour.

Les propriétés anti-UV de ce plexiglass de 2 mm lui assureront une conservation optimale limitant le jaunissement.

Le maintien entre les deux plaques, avec 8 petites pinces nickelées, supprime la vue des plis ainsi que leurs effets indésirables. Les marges autour du journal sont de 2 cm et sont ajustées au format de l’édition, qui a varié au fil des décennies.

*Transparence, légèreté, résistance aux chocs et aux UV

Cette présentation est déclinée en 2 options :

Plexi transparent (30€) servant de fond, plus discret mais élégant il permet aussi la vision de la dernière page du journal.
Plexi noir (35€) servant de fond, il met en valeur la teinte et le format du journal, s’harmonisant parfaitement avec les encres noires de la page.

Les pierres à fusil du Président

Louis-Marie Horeau remet une pièce dans la machine à diams, mais en changeant l’angle: cette fois, les diamants de Giscard ne scintillent pas en vitrine. Ils passent “par la porte cochère” et par l’arrière-boutique, comme il se doit quand on tient à la discrétion. Le Canard annonce d’emblée la couleur, avec cette manchette à mi-chemin entre scoop et clin d’œil au lecteur: “Le ‘Canard’ a retrouvé une partie des diamants de Giscard”. Et le titre fait le reste: “Les pierres à fusil du Président”. Les bijoux, dans cette affaire, finissent en décoration de chasse, façon trophées minuscules mais encombrants.

Le décor est planté rue Saint-Sauveur, dans le 2e arrondissement, au numéro 4 bis d’un “vieil immeuble, d’aspect plutôt terne” abritant “quelques petites entreprises” et un dépôt de librairie. Il faut “monter cinq étages, par un escalier crasseux”, pour retrouver une “porte pallière d’apparence banale”. Sauf que, sous le nez du visiteur, un détail trahit la nervosité ambiante: “l’œil soupçonneux d’une caméra” qui surveille en permanence. On n’ouvre pas: on interphone. Une voix interroge l’intrus sur “les motifs de sa visite”. La scène dit tout: dans la République des confidences, le diamant ne se montre pas, il se filtre.

Soubrenie et Bois: la gravure, l’or et la discrétion

Horeau explique que la maison “Soubrenie et Bois” est spécialisée dans le travail des métaux précieux. Les deux joailliers “fabriquent des bijoux pour le compte de grands joailliers français et étrangers”. Et, en 1977, ils auraient reçu une mission “très confidentielle”: “graver” le nom du président de la République sur “la crosse” d’un fusil de chasse… en pierres, “de choix et de prix”. De quoi faire entrer Valéry Giscard d’Estaing, écrit Horeau, “dans l’Histoire en lettres de diamants”.

Le sel du papier tient à cette idée: une affaire née de “plaquettes” et de “paillettes” offertes par Bokassa devient, deux ans plus tard, une affaire d’atelier, de poinçons, de gravures et de petits secrets bien français. L’objet, au fond, n’est pas seulement la provenance des pierres, mais la manière dont elles se recyclent en symbole personnel. Le diamant n’est plus le cadeau embarrassant, il devient l’ornement intime, la signature.

Un fusil à orner… et des “lettres de feu”

Horeau ne résiste pas au contraste: au moment où le fusil présidentiel se retrouve “dans l’atelier ‘Soubrenie et Bois’ ”, “quelques joyaux impériaux de Bokassa, commandés à l’occasion du sacre” s’y “étincelaient également”. Ainsi “voisinaient les pierres centrafricaines” et celles des “deux hommes de goût” qui, “dans l’intimité”, se donnaient alors “du cousin”. Le Canard ne force pas, il juxtapose. Et la juxtaposition est plus parlante qu’un réquisitoire.

L’article décrit une visite du journal: M. Soubrenie, “directeur de l’atelier”, n’a pas “accepté de recevoir ‘Le Canard’ ”, “par souci de réserve”, “sous l’œil de la caméra”. Quelques minutes suffisent, pourtant, à faire remonter l’essentiel: l’atelier “n’avait jamais monté le moindre diamant pour un fusil”, encore moins “pour le compte du Président”. La phrase a l’élégance du démenti trop net, celui qui trahit qu’on a bien compris ce qu’on lui demande de nier.

Horeau résume la logique supposée de l’opération: “la rigueur, la discrétion est de mise”. L’atelier “sous-traite”, on “sous-traite”. Personne ne fait rien, mais tout se fait. Et l’auteur glisse le mot qui revient comme une ponctuation dans l’affaire des diams: “secret”. Parfait secret, bien sûr, “sauf” quand un canard passe dans le couloir.

Giscard, la chasse et la signature

Le texte s’amuse du goût présidentiel pour la chasse, et de ce que cela autorise comme imaginaire: un “fusil d’diamant” qui devient presque un emblème. Et l’affaire, déjà riche en épisodes (Bokassa, les “diamants”, la communication élyséenne, les dénégations, les menaces contre le journal), se dote d’un nouveau motif: l’ornementation. On ne se contente plus de recevoir, on grave, on personnalise, on transforme en objet de prestige privé.

D’où le sous-entendu politique: si une partie des pierres a été “retrouvée”, ce n’est pas seulement une question de joaillerie, c’est une question de récit. Qui a eu les pierres, qui les a gardées, qui les a fait travailler, à quel moment, et surtout avec quelle prudence? Horeau fait comprendre qu’au sommet de l’État, l’affaire n’est pas de savoir si l’on a été généreusement “cousin” avec Bokassa, mais de savoir comment on efface les traces sans perdre l’apparat.

Le Canard en chasseur: “à la question”

Le papier prend enfin la forme d’une scène de chasse inversée: le Président a son fusil; le Canard, lui, a sa traque. Le journal avance par adresses, par portes, par escaliers, par ateliers, par sous-traitance. La caméra surveille l’entrée; le Canard surveille la caméra. Et au milieu, l’objet minuscule et lourd: quelques pierres, qui suffisent à faire dérailler une présidence.

Dans la chronologie giscardienne, on est alors en plein reflux: l’Élysée tente de reprendre la main, Christian Bonnet parle de “complot”, la justice et les écoutes s’agitent, et chaque semaine apporte un nouveau filament. Horeau n’en rajoute pas: il suit une porte, une maison, un nom, une crosse. Et il laisse au lecteur l’impression la plus corrosive: dans cette affaire, la discrétion n’est pas une vertu, c’est une technique.