BRITO (Carlos Alberto Brito Ferreira do Amaral)
Brito, de son vrai nom Carlos Alberto Brito Ferreira do Amaral, est un dessinateur né à Lisbonne en 1943. Il collabore au Canard enchaîné de 1987 à 2012.
De Lisbonne à Paris
Employé de banque à Lisbonne, il quitte le Portugal et s’installe à Paris en 1963, fuyant la police politique et, plus largement, un contexte politico-militaire qui ne lui convient plus. Il suit des cours à l’Alliance française, travaille comme aide-magasinier et s’inscrit à la faculté de Vincennes en 1969. Il y obtient une licence de sociologie, sans passer par une formation artistique.
Un dessinateur « arrivé par hasard »
Le dessin, chez Brito, n’est ni vocation proclamée ni parcours académique: il y vient « un peu par hasard », après une vie de petits boulots et de métiers alimentaires (il se définit même comme un « homme à tout faire (ou presque) » sur une longue période). Peu à peu, Carlos devient Brito: une signature, une voix graphique, une manière.
Un style dépouillé, l’actualité en ligne de mire
Au fil des années, Brito construit un style dépouillé, allant à l’essentiel et facilement reconnaissable, en jouant aussi sur ce qu’il appelle ses défauts. Il n’aime pas les longs discours, « ses dessins non plus »: son travail vise l’impact immédiat, avec un pied planté dans l’actualité, l’autre dans le commentaire politique et l’événement.
Au Canard: de la collaboration au salariat
Dans la presse, Brito publie dans de nombreux titres avant et pendant ses années « Canard ». Son parcours l’amène à devenir salarié du Canard enchaîné en février 1991, après une période de collaboration. Il y déploie une écriture graphique brève, nerveuse et concentrée, fidèle à son credo: un dessin « réussi » se passe de paroles, et la bulle, lorsqu’elle apparaît, lui semble souvent affaiblir le résultat.
Un dessinateur de presse au long cours
Parallèlement à son travail au Canard, Brito est aussi pigiste au Monde, et garde des attaches avec la presse portugaise: il collabore bénévolement à La Raison et Finisterra. Son trait circule au-delà des frontières, entre publications françaises et échos au Portugal (et jusqu’au Canada).
Reconnaissance
Cette trajectoire, menée sans pose et sans appareil, est saluée notamment par le Grand prix de l’humour vache (2004) au Salon international du dessin de presse et d’humour de Saint-Just-le-Martel.






