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Les crayons du Canard

Orencio Garcia Gonzalez , dit César

1920 - 1964

Sa participation au Volatile : 1944 à 1964

Orencio García González, dit « César » (1920-1964)

Orencio García González, dit « César », naît à Madrid le 10 avril 1920 et meurt à Paris (18e) le 15 août 1964. Arrivé en France à l’issue de la guerre civile espagnole, il construit une trajectoire de dessinateur de presse, caricaturiste politique, illustrateur et affichiste, où le goût du détail et l’invention graphique marchent au même pas, sans se marcher dessus.

Repères de vie et de travail

De Madrid à la France

Venu en France après la guerre civile espagnole, César s’oriente très vite vers le dessin d’actualité, l’humour et la caricature. Sa signature se reconnaît aussi à un signe distinctif : un petit cœur placé sous le « é » de « César », cœur qui peut parfois tenir lieu de signature à lui seul.

Presse, illustration, affiches et bande dessinée

Il débute dans la presse au sortir de la guerre : on le voit notamment à L’Essor (milieu des années 1940), puis dans divers titres où il dessine, illustre et caricature. Il passe par la bande dessinée à partir de 1948 et adopte alors un autre emblème de reconnaissance : la salamandre, qu’il appose en bas de page, surtout dans ses travaux de BD. Il revient ensuite plus fortement au dessin humoristique dans les hebdomadaires, tout en se cantonnant de plus en plus au dessin politique.

Son œuvre ne se limite pas à la presse : César produit aussi des affiches publicitaires et des albums pour enfants. Son dessin est décrit comme d’une extrême finesse, « travail d’orfèvre », et il affectionne des procédés visuels où des objets dessinés semblent littéralement « collés » à ses personnages, comme une preuve à charge.

Le Canard enchaîné : une collaboration de 20 ans

Un compagnon de rédaction, des amitiés de plume

Au Canard, César n’est pas seulement un nom en bas de dessin : il est un copain de maison, et le travail se pense « autour de la grande table » de la rédaction. Il est également indiqué qu’il est ami avec Gabriel Macé, Pino Zac et Roland Bacri, ce dernier comptant aussi parmi les auteurs qu’il illustre.

« Malabar » et l’art de fabriquer un monde

Parmi ses créations les plus repérées, César réalise pour Le Canard enchaîné une série jouant avec l’imaginaire de Babar : « Les Aventures de Malabar », où le général de Gaulle prend la place de l’éléphant. La série court de 1958 à 1964.

Dans l’hommage du journal, César apparaît comme un inventeur manuel autant qu’un dessinateur : il fabrique des automates, pétrit des statuettes, décore des châles, recrée un « zoo » personnel, et multiplie les trouvailles comme s’il tenait un musée imaginaire dans ses poches. Ce portrait dit une chose essentielle : chez lui, le dessin n’est pas une simple production, c’est une façon de transformer le réel en objets, en personnages, en mécaniques d’esprit.

Style, méthode, réputation

Un graphisme de précision

Les notices insistent sur la finesse extrême de son trait et sur une manière très maîtrisée de composer : l’idée d’« orfèvrerie » revient comme un résumé de sa main. Sa caricature politique se nourrit d’un bestiaire d’objets et de détails (goupillons, mitrailleuses, confessionnaux, gibus, etc.) qu’il détourne avec un goût du télescopage visuel.

Regards d’autres dessinateurs

Deux appréciations ressortent nettement. L’une souligne comment César tire parti de thèmes imprévus et « décoratifs » en les chargeant d’éclats surréalistes et de pin-up très ancrées dans leur époque. L’autre, venue d’un pair, résume une forme de leçon : César ne se définit pas seulement par « savoir dessiner », mais par savoir quoi dessiner, et trouver ensuite « le comment » presque naturellement.

Mort brutale et hommages

César meurt brutalement, à 44 ans, d’un arrêt cardiaque. L’hommage du Canard le montre encore au travail quelques jours auparavant, « besace » d’idées à la main, puis soudain absent, laissant à la rédaction l’image d’un artiste fort, heureux de vivre, et d’un ami. Le texte insiste sur son sourire, sur son énergie de chercheur et de bricoleur inspiré, et sur la fidélité à ses origines espagnoles, jamais effacées.

Plus tard, la revue Satirix lui rend hommage (numéro 21, 1973), signe qu’au-delà de la page hebdomadaire, César a laissé une empreinte durable dans la mémoire du dessin satirique.

« Je considérais César comme l’un de mes maîtres, parce qu’il savait dessiner. Quand je l’ai connu, j’ai découvert qu’il ne savait pas dessiner, il savait « quoi » dessiner. Le « comment » lui venait tout seul à la main et il était poussé non par le « savoir » mais par ce qu’il sentait face au « quoi ».  Pino Zac.


Dessinateur français à Villarealdesanto Sancho Panca (province de Badajoz). Talent plein d’élévation, excellant à traduire les passions et les vices de ses contemporains. Ses travaux marquent une réaction contre le formalisme de Grove et le maniérisme d’Escaro. Passionné pour le cinématographe, ses commentaires lui ont valu une juste réputation.

Il n’est bon bec que de canard, Extrait de la Vie des Hommes Illustres, décembre 1954


Notre ami César –
VENDREDI, gai comme raccoutumée, il était parmi nous, autour de la grande table de notre salle de rédaction, la « besace » , pleine d’idées.
— Je pense qu’un grand dessin sur le château…
Mardi matin, avant de commencer ce numéro du « Canard », nous étions tous à l’hôpital Bichat… César, notre ami César, son sourire aux lèvres, dormait… Dormait pour toujours.
Il avait 44 ans… Samedi soir, une crise cardiaque… C’est idiot ! Il était à sa table de travail, fort, heureux de vivre et d’y voir clair. Francette auprès de lui…
Cher César !… Il vint pour la première fois rue des Petits-Pères, il y a un peu plus de dix ans… Son accent rauque de Castillan… Après la guerre civile, sa famille avait passé les Pyrénées ; nos lecteurs, français et espagnols, savent qu’il n’oublia jamais…
Son talent s’affirmait d’année en année… Dessinateur, imagier, ses doigts magiques transformaient tout en objets d’art. Curieux de tout, inlassable chercheur, ingénieux en diable, il fabriquait des automates, pétrissait des statuettes, décorait des châles, recréait tout un zoo… Malabar, le petit Buffon illustré… Son musée imaginaire…
Un grand artiste n’est plus. Nous avons perdu un copain…
Mais il nous a laissé son sourire. Son sourire, Francette…
R. Tréno.

Le Canard Enchainé du 19 Août 1964

Sources et références

César et son numéro de dressage 

par Pol Ferjac

Dico du Canard 64