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Les crayons du Canard

René Dubosc , dit Dubosc

1897 - 1964

Sa participation au Volatile : 1923 à 1934

René Dubosc (1897-1964), du crayon ouvrier au virage sombre

René Dubosc naît le 12 mai 1897 à Fréville (Seine-Inférieure, aujourd’hui Seine-Maritime) et meurt le 25 décembre 1964 à Paris. Fils de petits artisans, il commence loin des ateliers d’art: il débute comme commis de quincaillerie. La Première Guerre mondiale le marque au corps: gazé en 1916, démobilisé, il reprend souffle et cap… vers le dessin, en entrant aux Beaux-Arts de Rouen.

Des débuts à gauche: le dessin comme tract

Sa carrière s’ouvre sur un registre net: dessinateur politique, caricaturiste de gauche. Militant communiste, il est signalé comme membre du PCF et du Secours rouge international, et vit un temps à Saint-Denis (7, rue Guy-Ménard). Il est marié.

Dans l’entre-deux-guerres, ses dessins circulent largement dans la presse militante et satirique. Avant 1940, il compte parmi les principaux dessinateurs de L’Humanité (1925-1939) et travaille aussi pour La Vie Ouvrière (1930-1939). Il collabore en parallèle à de nombreux titres, dont Le Canard enchaîné où sa présence est attestée sur la période 1923-1934.

Au Canard (1923-1934): une plume graphique dans la mêlée

Entre 1923 et 1934, Dubosc apporte au Canard un dessin de combat: une caricature pensée pour piquer, dénoncer, faire rire sans caresser. Il figure alors dans un écosystème de titres satiriques et politiques (dont La Caserne et plus tard Marianne) où l’on attend du trait qu’il tranche, qu’il accuse, qu’il “tienne” la une autant qu’un éditorial.

Son activité dépasse la simple livraison de dessins: il s’inscrit dans le réseau des journaux d’opinion, là où l’image sert de raccourci fulgurant, et parfois de massue.

Une reconnaissance d’époque: expositions, illustration, album

Dubosc ne reste pas cantonné aux marges militantes. Il expose (notamment à Satire 37) et illustre des auteurs, dont Paul Vaillant-Couturier. Il publie un album, Sac à malice, en 1938, signe qu’il existe aussi dans des formats plus durables que la feuille quotidienne.

Le basculement: “virer à droite” et la Collaboration

La trajectoire de Dubosc est ensuite tout sauf rectiligne. Le dossier biographique souligne un virage politique: il “vire à droite” et, pendant l’Occupation, travaille pour des journaux collaborateurs. Il ne s’agit pas d’une implication marginale: il est décrit comme l’un de ceux qui se seraient le plus compromis durant la période.

En 1942, il signe, avec d’autres anciens communistes, une deuxième “lettre ouverte” aux ouvriers communistes et donne des dessins au Cri du Peuple de Jacques Doriot ainsi qu’à L’Atelier (1942-1944). Ce déplacement, du dessin ouvrier au dessin au service d’une presse collaborationniste, constitue le nœud dur de sa biographie: une rupture, pas une nuance.

Après-guerre: sanction, effacement

À la Libération, Dubosc est interdit et privé de droits civiques pendant cinq ans.

Il meurt le 25 décembre 1964. La mention d’une présence en une de Juvénal en 1965 s’entend dès lors comme une parution posthume (hommage, notice ou republication).

Repères

  • 1897 : naissance à Fréville.
  • 1916 : gazé pendant la guerre.
  • Après-guerre : Beaux-Arts de Rouen, entrée dans le dessin politique.
  • 1923-1934 : collaboration au Canard enchaîné.
  • 1925-1939 : dessinateur majeur de L’Humanité.
  • 1930-1939 : dessins pour La Vie Ouvrière.
  • 1937 : exposition à Satire 37.
  • 1938 : album Sac à malice.
  • 1942-1944 : participation à des organes de presse collaborationnistes, dessins notamment pour Le Cri du Peuple et L’Atelier.
  • Libération : interdiction, droits civiques suspendus cinq ans.
  • 1964 : décès à Paris.

Sources et références

  • Le Maitron, notice “René Dubosc”.
  • Catherine Saint-Martin, Dico Solo, entrée “Dubosc (René)”, p 192.