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Les crayons du Canard

André Escaro , dit Escaro, Es Caro

Né en 1928

Sa participation au Volatile : 1949 à 2022

Escaro 

par Vazquez de Sola

Les dossiers du Canard – 1981 en 250 dessins –

André Escaro (né en 1928), l’orfèvre du minuscule au Canard

André Escaro, né le 21 avril 1928 à Chambéry, est un dessinateur de presse dont la trajectoire épouse celle d’une certaine “école” de l’après-guerre: directe, nerveuse, immédiatement lisible… et pourtant capable de raffinements d’horloger. Au Canard enchaîné, il collabore de 1949 à 2022, imposant sur des décennies une présence paradoxale: massive par la durée, légère par la taille des dessins, souvent réduits à l’infiniment petit.

Entrer en presse à la Libération: Fallet, Monier, et un style “immédiat”

Selon la notice du Dico Solo, Escaro entre en presse à la Libération grâce à René Fallet et Henri Monier. Il y est présenté comme l’un des derniers représentants d’un style immédiat d’après-guerre, et, au fil des années, comme un dessinateur s’étant taillé une personnalité redoutable. Redoutable, ici, ne signifie pas tonitruant: plutôt une efficacité qui attrape sa proie au premier regard.

Au Canard enchaîné (1949-2022): du dessin à la “Mare”, et retour quotidien en miniature

Escaro rejoint le Canard enchaîné en 1949 et y collabore jusqu’en 2022. Même après son départ en retraite en 1996, il continue d’illustrer les échos politiques de la page 2, la « Mare aux Canards », au moyen de petits croquis surnommés cabochons. Dans un journal, ces vignettes ne sont pas des bijoux décoratifs: ce sont des respirations, ou des points d’exclamation muets, posés au bon endroit pour faire lever un sourcil.

Le style Escaro: culs-de-lampe, infime précision, noir et blanc équilibriste

Le Dico Solo le dit “spécialiste ès culs-de-lampe” et insiste sur sa virtuosité dans l’infiniment petit. Escaro est un équilibriste en noir et blanc: peu de gestes, presque pas d’effets, mais une maîtrise de la trame, du silence, du vide, du minuscule détail qui pique.

Jean Egen en donne une image très parlante (et très “dessin de presse”): chez Escaro, “on ne gesticule pas”. Regard inquiet, barbe “plus ou moins bleue”, il tisse sa trame “comme l’araignée les fils de sa toile” et y emprisonne ses victimes “comme des moucherons”, dans le ridicule. L’image est cruelle et artisanale à la fois: Escaro n’assène pas, il capture.

Engagements et gestes publics: le Manifeste des 121

En 1960, André Escaro signe le Manifeste des 121, déclaration sur le “droit à l’insoumission” dans le contexte de la guerre d’Algérie. Ce geste le situe dans une tradition d’intellectuels et d’artistes pour qui le trait n’est pas qu’un métier de commentaire, mais aussi une façon d’être au monde.

1971: virage administratif, et (presque) adieu aux collaborations extérieures

La notice du Dico Solo indique qu’en 1971, Escaro “opère un retour sur des études commerciales” et devient administrateur du Canard enchaîné, ce qui l’amène à abandonner presque toute collaboration extérieure (avec un “malheureusement” qui dit la frustration des lecteurs d’ailleurs). La notice Wikipédia souligne qu’il exercera également des fonctions d’administration au journal jusqu’au 22 juin 2022.

L’affaire des “plombiers” du Canard: l’œil qui voit les micros

Le 3 décembre 1973 au soir, Escaro surprend de faux plombiers, en réalité des agents de la DST, en train d’installer des micros dans les locaux du journal alors en travaux. L’épisode deviendra l’affaire des plombiers du Canard. Ici, le dessinateur n’est pas seulement témoin: il est celui qui ouvre la porte au moment exact où l’État se croit invisible.

Autres terrains: journaux, collections, Tour de France, livres

Escaro a collaboré à de nombreux titres en dehors du Canard. Les sources le donnent notamment présent à Libération à partir de 1957, au journal Le Réfractaire (libertaire et antimilitariste), ainsi qu’à divers périodiques et titres d’opinion, culturels ou professionnels.

Il a aussi “officié” un temps comme caricaturiste des coureurs du Tour de France, exercice à la fois sportif et physiognomonique: capter une fatigue, un panache, un profil en quelques coups de plume.

Parallèlement, il dirige Le Collectionneur français, journal consacré aux collections et collectionneurs (la notice du Dico Solo précise qu’il le fonde et le dirige). Il réalise également des cartes postales, autre manière de condenser un monde dans un petit rectangle.

Côté livre, il assure la partie illustrations d’un ouvrage consacré aux Côtes du Rhône signé par Jacques Lamalle, journaliste du Canard, prolongeant ainsi son travail d’atelier au-delà de la page hebdomadaire.

 

Dessinateur français, né à Nœux-les-Mines (P.-de-C.). Artiste mièvre et délicat. Virtuose de l’allégorie, il a subi, tôt, l’influence de Bonnat et de Bouguereau ; coloriste distingué, un peu maniéré et tendrement passionné. Parmi ses œuvres, citons : Ferjac secourant un lépreux, Le Retour des betteraviers, etc. Ce peintre, d’un sentimentalisme que d’aucuns ont jugé un peu fade, a servi dans l’infanterie de marine et s’est couvert de gloire au combat de Palikao.
Source: Il n’est bon bec que de canard, Extrait de la Vie des Hommes Illustres, décembre 1954

Sources et références

Wikipédia ; Dico Solo (Catherine Saint-Martin).

Escaro 

vu par Pol Ferjac

1955

Le plombier-agent secret déguisé en Escaro, 

vu par Lap

Édition du Canard enchaîné du 16 janvier 1974

Escaro 

par lui-même