Louis Frick (1898-1984)
Identité
Louis Auguste Frick naît le 29 décembre 1898 à Pierrefitte-sur-Seine et meurt le 8 mai 1984 à Paris (10e). Fils d’un dessinateur (mentionné comme dessinateur industriel), il arrive au dessin de presse après avoir enchaîné plusieurs métiers.
Entrée dans le dessin de presse
Publié dès le début des années 1930 (son activité est signalée à partir de 1932), Frick se place d’emblée du côté du dessin d’actualité et de la caricature. Il expose dans les circuits de dessinateurs (notamment chez les Humoristes et au salon Satire 37), ce qui l’inscrit dans une génération où la presse, les salons et les albums communiquent en permanence.
Au Canard enchaîné (1934-1940)
Frick collabore au Canard enchaîné de 1934 à 1940. C’est la période où son nom circule aussi dans un faisceau de titres marqués par l’entre-deux-guerres finissant, ses tensions sociales et politiques, et une demande forte de dessins rapides, lisibles, capables d’attraper une grimace publique au vol.
Dans ces années, il publie dans de très nombreux journaux et revues, avec une présence nette dans des titres d’opinion et des supports d’humour, ce qui le place autant du côté du commentaire que du gag dessiné.
Positionnements, réseaux, milieu
Frick est mentionné comme membre de la CGT, sans adhésion à un parti. Son profil ressemble à celui de beaucoup de dessinateurs “de métier” de l’époque : une sensibilité sociale assumée, mais une indépendance pratique, au rythme des commandes, des rédactions, et des occasions.
Guerre et bascule (jusqu’en 1943)
Au début des années 1940, son activité dans la presse se rétracte : il est indiqué qu’il cesse (ou du moins abandonne l’essentiel) de son travail de presse autour de 1942, avec des publications signalées jusqu’en 1943. Une collaboration à L’Atelier est évoquée (au vu d’un numéro daté de mai 1943).
Après la Libération : retrait, détours, retours
À la Libération, il se met “un peu” en retrait. Il travaille dans la bijouterie de fantaisie, passe par le music-hall, puis revient au dessin par d’autres chemins que la grande presse politique. Il participe aussi à l’univers de l’animation, en étant associé à des dessins animés (mentionnés aux côtés de Paul Grimault et André Rigal).
Illustration et productions ultérieures
À partir de 1947, Frick est signalé comme illustrateur de “Képi Blanc”, le mensuel de la Légion étrangère, avec une précision notable : il aurait lui-même été légionnaire. Il illustre également des auteurs et chroniqueurs (Breffort dans La Presse, et C.-L. Arnaud), ce qui confirme un retour régulier au dessin, davantage par l’illustration et la collaboration ponctuelle que par une réinstallation durable dans le même type de presse qu’avant-guerre.
Style, méthode, tempérament (échos de contemporains)
Une remarque qui lui est attribuée résume bien une vérité d’atelier chez les dessinateurs de presse :
« Les dessinateurs de journaux sont souvent d’excellents fabricants de “légendes” avant d’être des dessinateurs, comme les chansonniers sont davantage des “conteurs” que des chanteurs. » (1937)
Un autre portrait insiste sur un tempérament expressif, hérité d’un passé de “camelot” : bagou, gestes, mimique, et une capacité à faire bouger un visage avant même d’avoir fini la phrase (Farinole, 1953).
Repères chronologiques
- 1898 : naissance à Pierrefitte-sur-Seine.
- 1932 : débuts signalés dans le dessin de presse.
- 1934-1940 : collaboration au Canard enchaîné.
- 1942-1943 : retrait de l’activité de presse (avec publications encore signalées jusqu’en 1943).
- Après 1944 : détour par bijouterie de fantaisie, music-hall, animation, puis retours au dessin/illustration.
- 1947 : illustration pour Képi Blanc (Légion étrangère).
- 1984 : décès à Paris.







