Expédition de votre Canard enchainé

EXPEDITION SOUS 24H

Envoi soigné de votre Canard enchainé

ENVOI SOIGNÉ

Paiement sécurisé pour l'achat de votre Canard enchainé

PAIEMENTS SÉCURISÉS

Livraison offerte de votre Canard enchainé à partir de 15€ de commande

LIVRAISON OFFERTE DÈS 25€ D’ACHAT

Paiement sécurisé pour l'achat de votre Canard enchainé

PAIEMENTS SÉCURISÉS

Les crayons du Canard

Marcel Magrum , dit Grum

1902 - 1989

Sa participation au Volatile : 1951 à 1974

Magrum 

vu par Pol Ferjac

1944 – coll. privée

Le quatrième mousquetaire tranquille du Canard

Grum, de son vrai nom Marcel Magrume, naît à Paris en 1902 et meurt en 1989 à Fleury-sur-Loire. Dessinateur d’humour arrivé “quand même” au métier après une vie d’emplois disparates, il incarne au Canard enchaîné une fidélité sans fracas: un homme de cabochons, de petites vignettes, d’amitiés durables, et de pots de fin d’année levés “à la bouffarde”, plus qu’à la rapière.

Une vie avant le dessin: du bois aux autocars, en passant par la débrouille

La notice du Dico Solo déroule, comme un inventaire de roman social, les métiers que Grum exerce avant de se fixer dans le dessin. Il est marchand de bois à la suite de son père, puis mécanicien, camelot, vendeur de pierres à briquets à la sauvette, garçon de magasin, gestionnaire mal inspiré, directeur d’hôtel de luxe, conducteur d’autocar. Une trajectoire de zigzags, de nécessité, d’adresse pratique. Le dessin humoristique apparaît peu avant la guerre et se poursuit à la Libération: comme si, après tant de rôles, il trouvait enfin une forme qui lui ressemble, plus légère en apparence, mais tenace.

Entrer au Canard: la complicité d’Henri Monier

Grum entre au Canard enchaîné grâce à la complicité d’un autre dessinateur maison, Henri Monier. Le lien n’est pas seulement professionnel: il est du genre “bande” d’atelier, compagnonnage de ceux qui partagent les mêmes habitudes d’humour, la même façon de faire tenir un monde dans quelques traits. Au Canard, Grum collabore de 1951 à 1974, et laisse son empreinte dans l’ornement discret du journal: de nombreux cabochons, ces petites têtes, petites scènes, petites humeurs qui ponctuent la lecture comme des clins d’œil muets.

Cabochons, illustrations et peinture: le Grum du minuscule et du pinceau

Le Dico Solo souligne son goût et son efficacité dans ces formats courts: Grum crée de nombreux cabochons, ces signatures modestes mais reconnaissables, qui sont au journal ce que les points-virgules sont au style: des articulations, des respirations, parfois des piques. Il illustre Lucien Rimels et la chronique de Sylvia Risser, « Le monde et ses juges », dans La Presse pendant des années, preuve qu’il sait accompagner un texte au long cours, pas seulement faire une saillie isolée.

Et il ne reste pas confiné au papier journal: il expose des peintures au Salon de l’Art Libre en 1954, montrant qu’au-delà du trait de presse, il y a aussi, chez lui, une pratique d’artiste au sens plein.

“Les Trois Mousquetaires” du Canard, et le quatrième

L’hommage de Gabriel Macé (27 décembre 1989) place Grum dans une petite mythologie interne: à la Libération, on appelait “Les Trois Mousquetaires” du Canard les dessinateurs Henri Monier, Paul Ferjac et William-Napoléon Grove. Grum, dit Macé, était le quatrième mousquetaire. Un mousquetaire “tranquille”, qui préfère la pipe au fleuret. La formule dit un tempérament: moins d’esbroufe que de constance, moins de posture que de présence.

Sansandre, Tréno, Nénette: l’amitié comme culte

Macé raconte aussi l’autre fil de sa vie: les amitiés. Grum retrouve “là-bas” Alexandre Breffort, dit Sansandre, dit “la Gelée”, camarade de l’école communale: ils avaient appris ensemble “à manier le même humour”, contracté le goût du canulard, et seraient entrés au Canard “habillés en curés”. L’anecdote a la saveur des légendes de rédaction: on imagine la soutane d’occasion, la blague tenue jusqu’au bout, et cette conviction que le sérieux se combat mieux en costume de farce.

Macé insiste: tous deux ne célébraient qu’un culte, celui de l’amitié. Grum rejoint aussi “son rédacteur en chef”, R. Tréno (mort le 31 décembre 1969), dont le journal revit le “putain d’anniversaire”. Et Macé glisse le prénom de Nénette, la compagne de Grum, comme une présence familière au Canard: “Comme Nénette, ta compagne, nous te pardonnons de nous avoir lâchés si brutalement.” Ici, l’hommage n’embaume pas: il parle comme on parle aux copains, avec affection et juron, tendresse et reproche feint.

Le fidèle des fidèles: Fleury-sur-Loire, la retraite, et le pot manqué

Le détail d’ouverture de l’hommage est très Canard: “C’est la première fois depuis plus de deux décennies” que le “petit père Grum” ne quitte pas sa retraite de Fleury-sur-Loire pour venir lever le coude au pot de fin d’année. La fidélité se mesure à ce genre de rite. Et l’absence, d’un coup, devient un événement: cette fois, il est “parti avec sa pipe”, rejoindre les vieux copains. Le journal, lui, reste avec la chaise vide et la phrase qu’on envoie au ciel: “Donne-lui le bonjour, Grum!”

 


Dessinateur français né à Sainte Goburge (Orne). Ses compositions, animées d’un sentiment pathétique indéniable offrent trop souvent un caractère artificiel et, pour tout dire, quelque peu déclamatoire. L’observation de Grum ne manque pas d’amertume, sous le masque de la bouffonnerie. Chef incontesté de l’école d’Ivry, il est, en outre, titulaire de la Croix de Saint Louis.
Source: Il n’est bon bec que de canard, Extrait de la Vie des Hommes Illustres, décembre 1954

Sources et références

Dico Solo (Catherine Saint-Martin) ;
hommage de Gabriel Macé, Le Canard enchaîné, 27 décembre 1989.

Grum 

vu par lui-même

Gavroche, 8 mai 1947

Grum 

par lui-même

Dico Solo, Catherine Saint-Martin – Té.Arte

Grum: Ce Lap quel talent  

vu par Pol Ferjac

Dictionnaire du Canard 64

Monier & Grum 

par Grum

Un bon dessin vaut mieux qu’un long discours

Grum 

vu par Vazquez de Sola

Dictionnaire du Canard Enchainé 1972