N° 2575 du Canard Enchaîné – 4 Mars 1970
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Pompido(u) et le rodéo de Chicago
Dans “C’est notre nouveau Chicagaulle”, André Ribaud revient sur l’étape la plus houleuse du voyage américain de Georges Pompidou. À Chicago, le président français déclenche la colère de la communauté juive par des déclarations jugées partiales sur le conflit israélo-arabe, tout en prônant la neutralité… et en rappelant l’embargo sur Israël ou la vente de Mirage à la Libye.
Le Canard ironise sur cette diplomatie “à sens unique” qui transforme la rencontre en corrida, et sur l’absence de son ministre de l’Intérieur Marcellin, qui aurait su, lui, “interdire la manifestation aussi sec” façon CRS. Nixon tente de détendre l’atmosphère, mais Ribaud croque un Pompidou enfant gâté de la politique, peu habitué à affronter la contestation de front.
La chronique rappelle que, pour les présidents américains, manifestations et protestations font partie du métier — à l’inverse d’un chef d’État français encore trop prompt à s’offusquer. Résultat : un retour à Paris avec moins de prestige qu’espéré, et un portrait caustique d’un président qui, peut-être, aurait besoin d’un peu plus d’école… politique.
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En mars 1970, Georges Pompidou part chercher l’onction américaine… et revient avec Chicago en travers de la gorge. À la une, André Ribaud rebaptise l’épisode : « notre nouveau Chicagaulle ». Une manière de dire que, face aux huées, le réflexe présidentiel ressemble moins à un sang-froid démocratique qu’à un vieux rêve de maintien de l’ordre façon Marcellin, C.R.S. en réserve et matraque en bandoulière. En page 2, la Mare prolonge la charge : diplomatie, ego, appareils, et petites cuisines de succession. À lire sur Couac! pour savourer ce Canard au scalpel.
L'Amérique : il en est revenu
L’édition du Canard enchaîné du 4 mars 1970 attrape Georges Pompidou au pire endroit : là où la posture se fissure. À la une, André Ribaud titre « C’est notre nouveau Chicagaulle » et transforme la tournée américaine du président en radiographie de tempérament. Le voyage devait consacrer l’homme d’État ; il révèle surtout, selon le Canard, un chef qui supporte mal la contradiction publique. L’épisode de Chicago, avec ses manifestations et ses huées, devient une scène-test : dans une démocratie où le droit de manifester est banal, Pompidou semble, aux yeux de Ribaud, le vivre comme une offense personnelle, une affaire d’honneur national. Le Canard se moque d’une formule grandiloquente (“la tache sur le front de la France”) pour mieux rappeler une évidence : la fonction présidentielle n’est pas un sanctuaire, c’est un métier exposé.
Ribaud élargit ensuite le cadre au Proche-Orient : les propos “inconsidérés” tenus à Chicago aggravent un climat déjà tendu et donnent l’impression d’une diplomatie française qui se veut “objective” tout en maniant détours, contrats et arrière-pensées. Mais le cœur du papier est ailleurs : dans le réflexe d’ordre. Le Canard imagine Pompidou, sous l’influence de Raymond Marcellin, rêvant d’“occuper” Chicago comme on quadrille une ville française, C.R.S. en réserve et matraque prête à servir. La blague fait rire, mais elle accuse : elle pointe une culture politique française qui sacralise le président et répond trop vite à la contestation par le dispositif sécuritaire.
La Mare aux Canards, en page 2, prolonge la satire en la ramenant aux coulisses. Elle épingle le protocole, les “dîners d’excellence”, les mises en scène, et souligne le décalage entre l’image que l’Élysée veut projeter et celle que la presse américaine renvoie. Surtout, elle regarde derrière le rideau : appareils, services d’ordre, et petites manœuvres autour de l’U.D.R. et de Chaban-Delmas, comme si le voyage révélait aussi les tensions internes d’un pouvoir gaulliste tardif.
Ce numéro est typique du Canard : pas une leçon professorale de géopolitique, mais une satire qui dégonfle le prestige et rappelle que l’autorité ne se mesure pas à la susceptibilité… mais à la capacité d’encaisser la rue sans vouloir la faire taire. Pour comprendre comment Chicago devient, sous la plume du Canard, un miroir de la France pompidolienne, rendez-vous sur la page du blog Couac! consacrée à cette édition.





