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N° 2905 du Canard Enchaîné – 30 Juin 1976

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Guerre des casinos

Été 1976 : sur la Côte d’Azur, on ne joue plus seulement à la roulette. Dans « De la neige sur les tapis verts », Nicolas Brimo raconte la « guerre des casinos » : arrivée du nouveau Ruhl à Nice, Delon en vitrine, Fratoni et consorts en coulisse, batailles entre maisons de jeu, afflux de cocaïne et de pétrodollars, ambitions du maire Jacques Médecin pour faire de Nice la « Mecque du jeu ». Entre mafias, émirs et banquiers pressés, les tapis verts deviennent champs de bataille. Rien ne va plus : l’argent douteux, lui, mise à tous les coups gagnants.

Couac ! propose ses canards de 3 façons au choix

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Canard au naturel
Canard en chemise

Chaque numéro ou journal anniversaire, peut être inséré dans une pochette cadeau au choix, d’un très beau papier pur coton, comportant une illustration originale spécialement réalisée pour COUAC ! par Fabrice Erre ou Laurent Lolmede, ou pour les premiers lecteurs du Canard Enchainé par Lucien Laforge.

Cette pochette cadeau assure aussi une conservation optimale du journal : un papier au PH neutre limitant la dégradation des vieux journaux sur la durée.

Décliné en 4 pochettes originales (5€)
Pochette offerte pour toutes éditions d’un prix supérieur à 59€
Visualiser les illustrations en cliquant sur le nom des auteurs

Canard laqué

Enchâssé entre deux feuilles d’acrylique (plexiglass extrudé*) il s’exposera aux regards sous son plus beau jour.

Les propriétés anti-UV de ce plexiglass de 2 mm lui assureront une conservation optimale limitant le jaunissement.

Le maintien entre les deux plaques, avec 8 petites pinces nickelées, supprime la vue des plis ainsi que leurs effets indésirables. Les marges autour du journal sont de 2 cm et sont ajustées au format de l’édition, qui a varié au fil des décennies.

*Transparence, légèreté, résistance aux chocs et aux UV

Cette présentation est déclinée en 2 options :

Plexi transparent (30€) servant de fond, plus discret mais élégant il permet aussi la vision de la dernière page du journal.
Plexi noir (35€) servant de fond, il met en valeur la teinte et le format du journal, s’harmonisant parfaitement avec les encres noires de la page.

Côte d’Azur, far-west sous néon

Avec « De la neige sur les tapis verts », Nicolas Brimo promène le lecteur dans un coin très spécial de la France giscardienne : la Riviera des années fric, où les casinos se livrent une guerre à peine feutrée et où la « neige » circule aussi bien que les jetons. Nous sommes en 1976, au moment où la Côte sort du vieux monopole des maisons de jeu installées depuis l’après-guerre pour entrer dans l’ère des empires privés, des groupes financiers et des parrains internationaux.

Pendant un demi-siècle, explique Brimo, le paysage était simple : quelques établissements bien tenus, des directeurs au parfum, une police qui regardait ailleurs tant que les affaires tournaient et que les morts restaient rares. L’État encaissait les taxes, les notables locaux se partageaient les invitations, tout le monde se tenait. C’était l’« âge d’or ».

Depuis le début des années 70, tout se dérègle. Les autorisations de maisons de jeu se multiplient, les grands groupes veulent leur part du gâteau, les banques flairent la manne et les clans mafieux aussi. Sur les tapis verts, on ne joue plus seulement à la roulette : on se bat pour des parts de marché, des concessions et des flux de cash qui intéressent désormais la pègre méditerranéenne, les hommes d’affaires du Proche-Orient et les financiers de Paris.

Delon en vitrine, Fratoni en coulisse

Brimo raconte l’arrivée tonitruante du nouveau casino Ruhl de Nice. Inauguration grand style, Alain Delon en guest star, publicité tapageuse : il faut damer le pion à l’ancienne maison du Palais de la Méditerranée et à ses clients d’habitués. Sur le fronton, les vedettes ; en coulisse, les vrais patrons : Fratoni et son groupe, figures bien connues des services de police, déjà mêlées à des affaires de jeux et de combine.

Le papier s’amuse à détailler cette galerie : des « banquiers » d’un genre particulier, des « directeurs » qui passent d’une maison à l’autre avec leurs joueurs dans les valises, et, partout, le même parfum de règlements de comptes à venir. « Les cadavres, ça ne va pas tarder à pulluler sur la Côte », glissent les experts cités par le Canard. On n’y est pas encore, mais les ingrédients sont déjà là.

Neige, émirs et banquiers

Sous le calembour du titre, la « neige » désigne la cocaïne qui circule dans les coulisses des casinos. Brimo explique que la Côte devient un carrefour : les circuits de la drogue passent par les mêmes hôtels, les mêmes boîtes, les mêmes coffres que l’argent des jetons. Pas besoin d’être scénariste chez Melville pour imaginer la suite.

Autre étage du même mille-feuille : les pétrodollars. « Post-émirs », écrit le Canard. Les princes du Golfe et les intermédiaires comme Adnan Khashoggi investissent, prennent des participations, se font construire des suites. On est loin du vieux casino de province : les tapis verts de la Côte deviennent un terrain de jeu pour fortunes globalisées, tout juste sorti du choc pétrolier.

Nice, Médecin et les illusions de la « Mecque du jeu »

Au milieu de ce western fluorescent, trône la mairie de Nice. Le maire Jacques Médecin rêve de faire de sa ville la « nouvelle Mecque du jeu ». Les journaux locaux, que Brimo cite avec gourmandise, s’extasient sur cette ambition. Peu s’interrogent sur le pedigree de certains concessionnaires, sur l’opacité des montages financiers, sur les risques de blanchiment.

Le Canard, lui, relève les comptes truqués, les curieuses coïncidences, les enquêtes qui s’ouvrent puis s’éteignent. Les dessins de Vazquez de Sola appuient là où ça fait mal : pistolero arrosant un tapis vert, Delon aux lunettes noires qui trouve que « faire chanter Sinatra, c’est toujours le même disque ». Tout un programme : la Côte joue aux États-Unis, mais avec des institutions françaises.

Portrait d’une France qui bascule

Historiquement, l’article saisit un moment charnière : l’entrée de la France dans la décennie « fric », où le tourisme de masse, les pétrodollars et la dérégulation partielle des jeux transforment la Riviera en vitrine clinquante d’un capitalisme de casino. On y retrouve tous les thèmes chers au Canard de ces années-là : affairisme, connivence politique, présence mafieuse, naïveté – ou complicité – des autorités.

En racontant la « guerre des casinos », Brimo ne se contente pas de décrire les rivalités entre Ruhl, Palais de la Méditerranée et Beaulieu. Il montre comment, dans la France de Giscard, les lignes bougent : l’argent sale s’invite dans les salons officiels, des groupes étrangers prennent pied dans les villes balnéaires, et la justice regarde ce manège à travers la vitre teintée des intérêts locaux.

Rien ne va plus, conclut en creux l’article. Pour les casinos, c’est une nouvelle donne ; pour l’État, c’est une partie qu’il semble déjà avoir perdue.