Expédition de votre Canard enchainé

EXPEDITION SOUS 24H

Envoi soigné de votre Canard enchainé

ENVOI SOIGNÉ

Paiement sécurisé pour l'achat de votre Canard enchainé

PAIEMENTS SÉCURISÉS

Livraison offerte de votre Canard enchainé à partir de 15€ de commande

LIVRAISON OFFERTE DÈS 25€ D’ACHAT

Paiement sécurisé pour l'achat de votre Canard enchainé

PAIEMENTS SÉCURISÉS

N° 2926 du Canard Enchaîné – 24 Novembre 1976

N° 2926 du Canard Enchaîné – 24 Novembre 1976

24,00 

En stock

Giscardebert et le Maire du Palais

Sous l’armure de « Giscardebert XV » et la barbe de « Chiraculd-le-Mauvais », on reconnaît sans peine Giscard et Chirac en pleine guerre froide de 1976. En pastichant les chroniques mérovingiennes, Bernard Thomas démonte la monarchie présidentielle façon Ve République : roi fainéant, maire du palais ambitieux, barons frondeurs et peuple qui n’aime plus son souverain. À la veille de la première élection du maire de Paris, l’« Histoire des Francs » du Canard raconte surtout la bataille pour l’après-Giscard. Et prouve qu’en politique française, les rois passent, les rois fainéants restent.

Couac ! propose ses canards de 3 façons au choix

En stock

Canard au naturel
Canard en chemise

Chaque numéro ou journal anniversaire, peut être inséré dans une pochette cadeau au choix, d’un très beau papier pur coton, comportant une illustration originale spécialement réalisée pour COUAC ! par Fabrice Erre ou Laurent Lolmede, ou pour les premiers lecteurs du Canard Enchainé par Lucien Laforge.

Cette pochette cadeau assure aussi une conservation optimale du journal : un papier au PH neutre limitant la dégradation des vieux journaux sur la durée.

Décliné en 4 pochettes originales (5€)
Pochette offerte pour toutes éditions d’un prix supérieur à 59€
Visualiser les illustrations en cliquant sur le nom des auteurs

Canard laqué

Enchâssé entre deux feuilles d’acrylique (plexiglass extrudé*) il s’exposera aux regards sous son plus beau jour.

Les propriétés anti-UV de ce plexiglass de 2 mm lui assureront une conservation optimale limitant le jaunissement.

Le maintien entre les deux plaques, avec 8 petites pinces nickelées, supprime la vue des plis ainsi que leurs effets indésirables. Les marges autour du journal sont de 2 cm et sont ajustées au format de l’édition, qui a varié au fil des décennies.

*Transparence, légèreté, résistance aux chocs et aux UV

Cette présentation est déclinée en 2 options :

Plexi transparent (30€) servant de fond, plus discret mais élégant il permet aussi la vision de la dernière page du journal.
Plexi noir (35€) servant de fond, il met en valeur la teinte et le format du journal, s’harmonisant parfaitement avec les encres noires de la page.

GISCARDEBERT, CHIRACULD ET LES ROIS FAINÉANTS DE LA Ve

Un faux chroniqueur médiéval pour une vraie monarchie

Avec « Giscardebert et le maire du palais », Bernard Thomas ressort la plume d’un Grégoire de Tours sous acide pour raconter la France de 1976. Tout y est : roi fainéant, reine délaissée, fils favori, barons frondeurs et maire du palais trop ambitieux. Sauf qu’on a changé les casques à cornes pour les costumes trois-pièces et que derrière les noms bidonnés se lisent très clairement ceux de Giscard d’Estaing, Anne-Aymone, leur fils « Riton », Jacques Chirac et toute la cour gaulliste.

La Ve République en version Mérovingiens

Le dispositif est simple : Giscard devient « Giscardebert XV », dernier avatar d’une lignée de souverains aussi vaniteux que mollassons, davantage occupés à la chasse et aux plaisirs du lit qu’à gouverner. Autrement dit, un président qui aime davantage les chasses africaines, les dîners mondains et les gadgets de modernité qu’une vraie confrontation sociale. La reine Annémonegonde, copie à peine déguisée d’Anne-Aymone, traîne sa mélancolie tandis que le roi s’amuse, distribuant faveurs, places et honneurs à ses proches.

Thomas pousse la ressemblance avec les rois fainéants jusqu’au bout : Giscardebert voyage dans son char couvert de lait, symbole d’un monarque déconnecté des réalités, flottant dans un confort bourgeois pendant que le pays s’agace de l’austérité Barre et du chômage qui monte.

Chiraculd-le-Mauvais, Ornano-le-Bref et les autres

Au cœur du récit, on trouve la fracture Giscard/Chirac, ouverte depuis la démission tonitruante de Chirac en août 1976. Chirac devient « Chiraculd-le-Mauvais », prince revêche qui ronge son frein en attendant son heure. Giscardebert, lui, veut s’assurer que le trône restera dans la famille en promouvant son fils « Ritonic », promesse de succession dynastique qui ressemble furieusement à la manière dont le président met en scène son clan.

Vient alors la question du « maire du palais », transposée au Paris de 1976 : Giscard désigne Ornano-le-Bref, alias Michel d’Ornano, comme futur maire de Paris, fonction qui doit être recréée en 1977 avec l’élection du premier maire de la capitale depuis 1871. Mais les seigneurs de la suite de Chiraculd s’y opposent : ils savent que la bataille de Paris sera le tremplin politique décisif pour l’après-Giscard. La chronique comique recouvre une vraie guerre de succession.

Dans ce petit théâtre, Thomas s’amuse à glisser d’autres silhouettes : Tiberic (Jean Tiberi), Veilinde (Simone Veil) ou encore Barric, ombre grossière de Raymond Barre. Tous défilent comme des figurants d’un roman de capes et d’épées, mais ce sont bien les ministres de la République de 1976, coincés entre loyauté au roi et calculs d’avenir.

Le peuple des Francs… qui n’aime plus le roi

Le ressort comique le plus cruel, c’est la manière dont le « peuple des Francs » est convoqué… pour constater qu’il n’aime plus Giscardebert. Les Parisiens, eux, lui tournent le dos. Le roi ne gouverne plus qu’un décor de châteaux, entouré de domestiques et de chiens de garde, isolé dans son propre royaume. Bernard Thomas décrit un pouvoir qui s’est coupé de la rue, enfermé dans sa propre mise en scène, vivant d’illusions de grandeur pendant que la crise économique ronge le pays.

Le dernier trait est assassin : mieux vaudrait, suggère le faux Grégoire de Tours, se souvenir de Giscardebert-le-Fragile que de Giscardebert-le-Roi. Autrement dit, retenir du président non pas ses réformes, mais sa vulnérabilité, ses ratés, son incapacité à tenir ensemble une droite fracturée entre barons chiraquiens, giscardiens hautains et technos du Trésor.

Une leçon de longue durée

Ce pastiche mérovingien n’a rien d’une simple fantaisie historique. Il rappelle surtout combien la Ve République fonctionne comme une monarchie de droit divin : un roi élu au suffrage universel, des courtisans, des fils spirituels, un maire du palais en embuscade pour la succession. De 1976 à aujourd’hui, la mécanique a peu changé : présidents jupitériens, « premiers ministrables » qu’on brûle puis qu’on sacrifie, bataille de Paris toujours décisive pour la suite de carrière.

Relu aujourd’hui, le texte de Bernard Thomas garde une fraîcheur redoutable : chaque fois qu’un président surestime son charisme, traite Matignon en simple annexe de l’Élysée et s’entoure de « fils » ou de dauphins, Giscardebert remonte sur son chariot bringuebalant. Et dans un coin de page, Pino Zac continue de le traîner, hilare, derrière un bœuf fatigué.