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N° 3018 du Canard Enchaîné – 30 Août 1978

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19,00 

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Un pape benellisé…

Au Vatican, la fumée blanche ne sort pas seulement des prières : elle vient aussi des cuisines. Dans “Un pape benellisé…”, La Mare aux canards raconte un conclave 1978 comme une bataille d’appareil, où le favori Benelli se fait pousser… jusqu’à se faire repousser. Résultat : Luciani, Jean-Paul Ier, élu comme antidote au “pape de marketing”, pendant que l’Élysée boude en coulisses. Un papier qui déboulonne la tiare, révèle les cartons de déménagement de Saint-Pierre, et rappelle que même le Saint-Esprit doit composer avec les ambitions humaines.

Couac ! propose ses canards de
3 façons au choix

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Canard au naturel
Canard en chemise

Chaque numéro ou journal anniversaire, peut être inséré dans une pochette cadeau au choix, d’un très beau papier pur coton, comportant une illustration originale spécialement réalisée pour COUAC ! par Fabrice Erre ou Laurent Lolmede, ou pour les premiers lecteurs du Canard Enchainé par Lucien Laforge.

Cette pochette cadeau assure aussi une conservation optimale du journal : un papier au PH neutre limitant la dégradation des vieux journaux sur la durée.

Décliné en 4 pochettes originales (5€)
Pochette offerte pour toutes éditions d’un prix supérieur à 59€
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Canard laqué

Enchâssé entre deux feuilles d’acrylique (plexiglass extrudé*) il s’exposera aux regards sous son plus beau jour.

Les propriétés anti-UV de ce plexiglass de 2 mm lui assureront une conservation optimale limitant le jaunissement.

Le maintien entre les deux plaques, avec 8 petites pinces nickelées, supprime la vue des plis ainsi que leurs effets indésirables. Les marges autour du journal sont de 2 cm et sont ajustées au format de l’édition, qui a varié au fil des décennies.

*Transparence, légèreté, résistance aux chocs et aux UV

Cette présentation est déclinée en 2 options :

Plexi transparent (30€) servant de fond, plus discret mais élégant il permet aussi la vision de la dernière page du journal.
Plexi noir (35€) servant de fond, il met en valeur la teinte et le format du journal, s’harmonisant parfaitement avec les encres noires de la page.

La tiare à deux têtes

Un conclave, ça se cuisine à feu doux… et ça se sert à froid

Dans ce papier de La Mare aux canards (30 août 1978), le Vatican ressemble à une cuisine de palace où l’on se dispute le poste de chef, les casseroles restant soigneusement hors champ. Le titre (“Un pape benellisé…”) donne le ton : l’Église, au lieu de produire un pape “neuf”, aurait voulu recycler un favori, le cardinal Benelli, comme on “benellise” un candidat en le passant à la moulinette des influences, des calculs et des manœuvres de couloir. D’où la “tiare à deux têtes” : un système censé parler d’Esprit, mais qui transpire l’appareil.

Nous sommes dans l’été le plus papalement agité du siècle. Paul VI vient de mourir (6 août). Le monde regarde Rome. Les caméras, les indiscrétions, les rumeurs, les “papabili” forment un feuilleton avant l’heure, avec le suspense d’une série et la liturgie d’une monarchie. Et le Canard fait ce qu’il sait faire : il soulève la soutane pour montrer les ficelles, sans feindre de croire que la colombe fait tout toute seule.

Benelli, ou l’embarras du favori

Le texte joue sur l’idée que Benelli était “trop” : trop évident, trop curial, trop chef de machine. Le genre de cardinal qu’on imagine déjà signer les décrets avant même d’avoir reçu la fumée blanche. La satire est nette : un favori, dans un conclave, c’est comme un candidat qui arriverait avec un programme imprimé, des sponsors discrets, et une équipe de campagne planquée derrière les rideaux de la Chapelle Sixtine. En clair : plus on le pousse, plus il devient poussé.

Le papier insiste sur ce paradoxe délicieux : l’institution la plus verticale du monde, qui prétend parler depuis le ciel, fonctionne aussi comme une fédération de susceptibilités terrestres. Les “sourires triomphants” d’un côté, “rien amer” de l’autre : la politique, même en latin, finit toujours par avoir des dents.

Jean-Paul Ier : la solution simple, donc suspecte

Et puis surgit Albino Luciani, Jean-Paul Ier, comme un contre-pied. Le Canard le décrit (à sa façon) comme l’anti-produit marketing : un homme qui a l’air de ne pas vouloir être pape, donc parfaitement apte à l’être… du moins pour ceux qui redoutent que la Curie se transforme en centrale de relations publiques. On sent, derrière les lignes, cette idée que le conclave a choisi la modestie comme on choisirait un extincteur : pas forcément par vocation mystique, mais pour éviter l’incendie.

La “benellisation” échoue donc, et c’est là que l’article devient particulièrement savoureux : la mécanique, quand elle ne parvient pas à imposer son champion, prétend aussitôt qu’elle n’avait jamais vraiment insisté. C’est le vieux numéro du pouvoir : si ça marche, c’est grâce à lui ; si ça rate, c’est qu’il n’y est pour rien.

Les petites combines et les grandes vertus d’appoint

La chronique détaille un monde où la sainteté cohabite avec les “coups” : rattrapages, explications, récit réécrit après la bataille. Le pape élu doit ensuite “récupérer” la bibliothèque de son prédécesseur, déménager, trier, ranger : image prosaïque, presque administrative, qui dit beaucoup. L’Église se présente comme éternelle, mais elle a des cartons, des serrures, des appartements, des habitudes de palais. La transcendance passe par un inventaire.

Le Canard ne nie pas l’élévation possible d’un tel moment ; il refuse juste d’avaler que tout se joue “au-dessus”. D’où ces notations qui font mouche : les papabili “se tiennent tranquilles”, les évêques “trugnan” (un clin d’œil à la petite cuisine), la Curie “tient à l’autonomie” comme on tient à une caisse. La foi, oui ; la gestion, surtout.

Giscard “déçu” : Rome, mode d’emploi pour un président français

Et puis, cerise canardesque, la vignette “Giscard déçu”. Elle sert de miroir : même l’Élysée se croit autorisé à avoir une opinion sur le casting pontifical, comme si le Vatican était une annexe exotique des Affaires étrangères. On est en plein giscardisme, époque où l’on aime l’image, la modernité, les signaux. Le Canard se moque de cette tentation bien française : commenter le conclave comme on commenterait un remaniement, avec les mêmes réflexes de salon.

Le trait est double : d’un côté, l’Église comme théâtre politique ; de l’autre, l’État français comme spectateur qui se prend pour metteur en scène. Dans les deux cas, on voit surtout des appareils qui s’adorent eux-mêmes.

1978 : l’année où le Vatican fait deux fois la queue

Le texte, écrit “à chaud”, ne sait pas encore ce que l’Histoire va ajouter comme post-scriptum cruel : Jean-Paul Ier meurt 33 jours plus tard (28 septembre 1978). Un second conclave s’ouvre, et l’Église élit Jean-Paul II (16 octobre), premier pape non italien depuis des siècles. Relu avec ça en tête, l’article prend un relief particulier : toute la satire sur les favoris, les plans, les “coups” et les calculs paraît soudain dérisoire face à l’imprévu brutal. La “machine” avait voulu une solution ; elle obtient d’abord un pape éclair, puis un pape-monde.

Et c’est aussi ce que raconte, en creux, la Mare : le pouvoir adore prévoir. La réalité adore rire.