Expédition de votre Canard enchainé

EXPEDITION SOUS 24H

Envoi soigné de votre Canard enchainé

ENVOI SOIGNÉ

Paiement sécurisé pour l'achat de votre Canard enchainé

PAIEMENTS SÉCURISÉS

Livraison offerte de votre Canard enchainé à partir de 15€ de commande

LIVRAISON OFFERTE DÈS 25€ D’ACHAT

Paiement sécurisé pour l'achat de votre Canard enchainé

PAIEMENTS SÉCURISÉS

N° 3034 du Canard Enchaîné – 20 Décembre 1978

N° 3034 du Canard Enchaîné – 20 Décembre 1978

19,00 

En stock

L’Agence Havas, ou le pouvoir en Douce

Havas, contrôlée par des fonds publics, arrose la presse comme on arrose un jardin: avec un tuyau qui choisit où tombe l’eau. Claude Roire raconte un “pouvoir en douce” fait de commissions, de régies quasi monopolistiques, de réseaux Élysée-pub et d’accords “secrets” pour neutraliser la concurrence. René Monory renonce à réformer; Jacques Douce, “fakir de la pub”, prospère; Yves Cannac arrive de l’Élysée. Vazquez de Sola résume tout: Giscard, front “espace réservé à Havas”; Marianne, couverte d’étiquettes. La République en réclame.

Couac ! propose ses canards de
3 façons au choix

En stock

Canard au naturel
Canard en chemise

Chaque numéro ou journal anniversaire, peut être inséré dans une pochette cadeau au choix, d’un très beau papier pur coton, comportant une illustration originale spécialement réalisée pour COUAC ! par Fabrice Erre ou Laurent Lolmede, ou pour les premiers lecteurs du Canard Enchainé par Lucien Laforge.

Cette pochette cadeau assure aussi une conservation optimale du journal : un papier au PH neutre limitant la dégradation des vieux journaux sur la durée.

Décliné en 4 pochettes originales (5€)
Pochette offerte pour toutes éditions d’un prix supérieur à 59€
Visualiser les illustrations en cliquant sur le nom des auteurs

Canard laqué

Enchâssé entre deux feuilles d’acrylique (plexiglass extrudé*) il s’exposera aux regards sous son plus beau jour.

Les propriétés anti-UV de ce plexiglass de 2 mm lui assureront une conservation optimale limitant le jaunissement.

Le maintien entre les deux plaques, avec 8 petites pinces nickelées, supprime la vue des plis ainsi que leurs effets indésirables. Les marges autour du journal sont de 2 cm et sont ajustées au format de l’édition, qui a varié au fil des décennies.

*Transparence, légèreté, résistance aux chocs et aux UV

Cette présentation est déclinée en 2 options :

Plexi transparent (30€) servant de fond, plus discret mais élégant il permet aussi la vision de la dernière page du journal.
Plexi noir (35€) servant de fond, il met en valeur la teinte et le format du journal, s’harmonisant parfaitement avec les encres noires de la page.

L’Agence Havas, ou l’État en régie publicitaire

Claude Roire prend un sujet qui sent d’ordinaire le classeur gris (commissions, tarifs, “concertation”) et le secoue comme un paquet de prospectus: ce qui se joue avec Havas, ce n’est pas seulement la pub, c’est le pouvoir qui s’apprend à parler doux… à coups de budgets. D’un côté, René Monory renonce “sans broncher” à un projet de suppression des commissions d’intermédiaires: la publicité respire, les agences aussi. De l’autre, l’Agence Havas, contrôlée majoritairement par des fonds publics, ressemble à une pieuvre polie: elle ne casse rien, elle enlace.

Les deux dessins de Vazquez de Sola résument le propos mieux qu’un rapport parlementaire: Giscard avec sur le front “espace réservé à l’agence Havas”, Marianne tartinée d’étiquettes “Havas”. Autrement dit: même la République a des emplacements disponibles… et les meilleurs sont déjà loués.

Un “pouvoir en douce”: l’influence par la caisse

Roire insiste sur un mécanisme simple, presque banal, donc redoutable: pour exister dans les journaux, à la radio, à la télé, les annonceurs passent par les agences. Et quand l’agence est un outil “à participation” publique, l’argent public n’achète pas seulement des pages: il achète un climat. Le texte ne fantasme pas un complot; il décrit un système où la dépendance s’installe sans uniforme, sans décret spectaculaire, simplement par la répartition des budgets, par l’accès aux “grands événements”, par les habitudes de marché.

Le Canard se moque au passage des grands mots technocratiques. Monory “se contente d’une vague concertation sur les tarifs”: traduction canardienne, on remplace une réforme qui gêne par un brouillard qui arrange. Tout va bien “pour les marchands de vent”.

Havas: le “champion du bourrage de crâne” sous contrôle public

De la pub au politique: même cuisine, autre étiquette

Le cœur de l’article, c’est cette idée: Havas domine “en principe pour le compte de l’État”. Roire rappelle les ordres de grandeur (des dizaines de milliards à l’époque), et surtout le personnage central: Jacques Douce, patron de fait, “vrai fakir de la pub”. Le portrait est féroce mais méthodique: Douce est assez puissant pour rester soigneusement “sans histoire” avec le pouvoir en place, tout en étant assez utile pour que le pouvoir le laisse faire. Le pouvoir adore les gens qui n’entrent jamais en conflit avec lui: ils lui évitent d’avoir à assumer la brutalité.

Et quand Roire décrit le petit monde (anciens de cabinets, patrons de sociétés “amies”, réseaux de province), il ne fait pas du roman: il montre une circulation, une connivence, un entre-soi où “publicité”, “relations publiques” et “opérations de presse” deviennent des synonymes à peine déguisés.

Choc de géants: quand la presse tente d’échapper à la nasse

Le passage “Choc de géants” est une petite leçon de dépendance. Les journaux, écrit Roire, sont “en principe libres” d’aller chercher la pub où ils veulent… mais “à peu près autant” que Douce. La liberté existe, mais dans un couloir étroit, tapissé de remises, de centrales d’achat, de pages négociées “au meilleur prix”. Le Canard raconte cette concurrence (la “Centrale d’achat d’espace”) comme une tentative de briser le monopole implicite. Et il montre la riposte: l’“accord secret” imposé par Douce, où l’on achète chez le concurrent sans l’agresser, sans “fâcher” les agences “supervisées” par Havas. Une manière de neutraliser la concurrence par les bonnes manières.

En province, c’est encore plus simple: les régies “en association” avec Publicis sont “quasi seules” pour vendre la pub des quotidiens. Si un journal coopératif veut fonctionner sans passer par Havas, il “n’en parlons plus”. Deux mots, et l’affaire est pliée: la morale du marché, c’est que la dissidence coûte cher.

Les “fils de pub”: Giscard, Chirac, l’Élysée et la laisse

Le pedigree et la laisse: Cannes, Cannac, Carraud & Cie

Roire met des noms, et c’est là que ça pique. Yves Cannac, nouveau PDG, ancien de l’Élysée, nommé par Giscard; les réseaux autour de Chirac; les conseillers, les “opérations de presse”. Le Canard ne s’étonne pas: il constate. Quand la pub est un robinet, le pouvoir s’arrange pour tenir la clé, ou au minimum pour connaître le plombier.

Et la conclusion est acide: Douce aurait “pris le virage” Giscard après avoir été “entre les mains” d’un autre pouvoir. L’orientation politique n’est plus une conviction: c’est une adaptation de carrière, une chorégraphie d’intérêts.

Au pourcentage: l’argent circule, la presse tousse

Dernier clou, très Canard: la petite mécanique des commissions. À chaque transaction, un pourcentage tombe, et ces “petits malheurs de la presse” ne dérangent pas grand monde. Roire évoque même le scénario où Douce aurait pu toucher “cent millions” sur une opération: ce n’est pas l’exactitude comptable qui compte ici, c’est l’effet de système. Plus l’argent passe par l’intermédiaire, plus l’intermédiaire devient indispensable… et plus la République finit recouverte d’étiquettes.