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N° 3049 du Canard Enchaîné – 4 Avril 1979

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Les poulets sacrés de la préfecture de police

Le 4 avril 1979, Claude Angeli ouvre le confessionnal de la préfecture de police: “à l’abri de toutes poursuites”. Tout part du 23 mars, quand la CGT capture un flic en civil grimé en casseur, Gérard Le Xuan, et finit en inventaire d’impunités. Commissaires “démissionnés”, mutés, recasés; IGS qui gronde, justice qui n’attrape rien; et, au milieu, les commissions rogatoires utilisées comme boîte à outils “préventive”. Avec Kerleroux en contrepoint, Angeli décrit une liturgie: on déplace les hommes, on enterre les dossiers, on sanctifie la bavure.

Couac ! propose ses canards de
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Chaque numéro ou journal anniversaire, peut être inséré dans une pochette cadeau au choix, d’un très beau papier pur coton, comportant une illustration originale spécialement réalisée pour COUAC ! par Fabrice Erre ou Laurent Lolmede, ou pour les premiers lecteurs du Canard Enchainé par Lucien Laforge.

Cette pochette cadeau assure aussi une conservation optimale du journal : un papier au PH neutre limitant la dégradation des vieux journaux sur la durée.

Décliné en 4 pochettes originales (5€)
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Canard laqué

Enchâssé entre deux feuilles d’acrylique (plexiglass extrudé*) il s’exposera aux regards sous son plus beau jour.

Les propriétés anti-UV de ce plexiglass de 2 mm lui assureront une conservation optimale limitant le jaunissement.

Le maintien entre les deux plaques, avec 8 petites pinces nickelées, supprime la vue des plis ainsi que leurs effets indésirables. Les marges autour du journal sont de 2 cm et sont ajustées au format de l’édition, qui a varié au fil des décennies.

*Transparence, légèreté, résistance aux chocs et aux UV

Cette présentation est déclinée en 2 options :

Plexi transparent (30€) servant de fond, plus discret mais élégant il permet aussi la vision de la dernière page du journal.
Plexi noir (35€) servant de fond, il met en valeur la teinte et le format du journal, s’harmonisant parfaitement avec les encres noires de la page.

Les “poulets sacrés” et la liturgie du non-lieu

Claude Angeli, le 4 avril 1979, poursuit une veine que Le Canard travaille à la pointe sèche: la “police parallèle”, les bavures à étage, et cette manière très française de bénir l’impunité en la rebaptisant “affaire interne”. Ici, tout est dit dès le surtitre: “À l’abri de toutes poursuites”. La République a parfois des parapluies, parfois des casques, et parfois des autels. Angeli visite le sanctuaire: la préfecture de police de Paris, ses commissaires qui valsent, et ses dossiers qui se dissolvent.

Le prétexte, c’est l’épisode du 23 mars (marche des sidérurgistes), quand la CGT “capture” un flic en civil grimé en casseur, Gérard Le Xuan, présenté comme un ancien des “polices parallèles”. Le nom devient un fil rouge: ce n’est pas un “dérapage”, c’est un personnage de répertoire. Et Angeli s’amuse à montrer comment, quand on joue ce répertoire-là, on finit toujours par réclamer… l’oubli.

Le Xuan, badge CGT et carnaval de maintien de l’ordre

Le cœur de l’article est une scène de théâtre de rue: le flic camouflé, le badge CGT au revers, la confusion volontaire et, derrière, l’idée d’un maintien de l’ordre qui se nourrit du désordre qu’il prétend contenir. Les dessins de Kerleroux font le commentaire à la serpe: un CRS devant une centrale nucléaire : “Attention… pas de manif… y a pas de garanties absolues de sécurité”. Toute la farce est là: on invoque la sécurité comme on agite un encensoir, pour justifier l’opération la plus vaseuse.

Angeli ne force pas: il suggère que l’infiltration n’est pas seulement une technique de renseignement, mais un procédé de mise en scène. On “fabrique” du casseur pour mieux fabriquer ensuite du communiqué. Et quand ça dérape, on bascule dans le vrai sujet de la page: l’impunité comme système d’auto-nettoyage.

La “valse des commissaires”: on déplace l’homme, pas le problème

Le passage sur la Grande Maison (la préfecture) est une collection de glissades administratives. Un commissaire est “démissionné”, un autre est “muté”, un troisième est “révoqué” mais sans poursuites, parce que “noblesse et réputation obligent”. Angeli égrène les noms et les cas comme on lit un chapelet laïque:

* le commissaire Rensei, “démissionné” en 1978;
* le commissaire Danton, “mis au vert” en Algérie, puis rattrapé par l’IGS, mais sans la suite judiciaire qu’on attendrait;
* le commissaire Michel Poivré, muté à Montbéliard, après des accusations de racket (et le nom de Christian Bonnet revient, comme une signature au bas des protections);
* et cette étrange hiérarchie de compassion: on se “préoccupe” très peu des victimes, beaucoup des carrières.

La mécanique satirique est implacable: la sanction est une géographie. On change d’adresse, on blanchit l’affaire. La justice pénale, elle, reste derrière la vitre, à regarder passer le cortège.

“Justice hors la loi”: le soupçon, ce mur porteur

Angeli insère un encadré qui ressemble à une notice de bricolage juridique: l’opération “préventive” du 23 mars, l’arrestation de “présumés autonomes” au petit matin, et l’astuce procédurale autour de la commission rogatoire (article 151 du code de procédure pénale). C’est le moment où l’ironie devient glacée: on n’arrête pas parce qu’il y a un délit, on arrête “au cas où”, et ensuite on cherche le papier qui donnera au “au cas où” l’allure d’un “donc”.

Le nom du procureur Sallon surgit, puis celui du juge Corneloup. Angeli ne plaide pas, il expose: quand l’outil judiciaire est tordu “préventivement”, la frontière entre enquête et montage devient une ligne de craie sous la pluie.

Milieu amical: la délinquance en col blanc… de commissaire

La fin revient à l’habitude: trafic de “flics”, coups fourrés, “enquête en bonne voie”, puis… une mutation et un départ à la retraite. Angeli pointe la punition standard: la discrétion. Pas de procès, pas de scandale, juste un couvercle. Et il conclut sur l’idée la plus corrosive: les magistrats ont déjà assez à faire avec “les voleurs de mobylettes”. La grande délinquance en uniforme, elle, bénéficie d’un luxe rarissime: l’invisibilité.

En 1979, alors que l’Intérieur est un poste stratégique du giscardisme, Le Canard rappelle que l’État aime parfois la loi comme on aime les parapluies: surtout quand il pleut sur soi.