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N° 3087 du Canard Enchaîné – 26 Décembre 1979

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C’est nous les receleurs…

En pleine affaire des diamants de Bokassa, l’Élysée tente un renversement de table : au lieu de répondre sur le fond, on accuse… le Canard. Dans « C’est nous les receleurs… », Roger Fressoz démonte la manœuvre avec une ironie sèche : confondre révélation et recel, transformer des documents publiés en “butin”, faire passer le contre-pouvoir pour le coupable idéal. Sous le dessin de Kerleroux, l’aveu parodique devient une défense en règle de l’enquête et de la liberté de la presse. Le diamant brille, mais l’écrin encaisse.

Couac ! propose ses canards de
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Canard au naturel
Canard en chemise

Chaque numéro ou journal anniversaire, peut être inséré dans une pochette cadeau au choix, d’un très beau papier pur coton, comportant une illustration originale spécialement réalisée pour COUAC ! par Fabrice Erre ou Laurent Lolmede, ou pour les premiers lecteurs du Canard Enchainé par Lucien Laforge.

Cette pochette cadeau assure aussi une conservation optimale du journal : un papier au PH neutre limitant la dégradation des vieux journaux sur la durée.

Décliné en 4 pochettes originales (5€)
Pochette offerte pour toutes éditions d’un prix supérieur à 59€
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Canard laqué

Enchâssé entre deux feuilles d’acrylique (plexiglass extrudé*) il s’exposera aux regards sous son plus beau jour.

Les propriétés anti-UV de ce plexiglass de 2 mm lui assureront une conservation optimale limitant le jaunissement.

Le maintien entre les deux plaques, avec 8 petites pinces nickelées, supprime la vue des plis ainsi que leurs effets indésirables. Les marges autour du journal sont de 2 cm et sont ajustées au format de l’édition, qui a varié au fil des décennies.

*Transparence, légèreté, résistance aux chocs et aux UV

Cette présentation est déclinée en 2 options :

Plexi transparent (30€) servant de fond, plus discret mais élégant il permet aussi la vision de la dernière page du journal.
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« C’est nous les receleurs… » ou l’art de retourner la casserole sur le Canard

Un aveu parodique, une accusation bien réelle

Avec Roger Fressoz, le titre fait mine de se livrer, mains en l’air, bec sur le billot : « Oui, c’est nous, les receleurs ». La Une a la politesse venimeuse des grands moments de contre-feu. Car derrière l’autodérision, l’enjeu est lourd et très concret : au lieu de répondre sur le fond de l’affaire des diamants de Jean-Bedel Bokassa, Valéry Giscard d’Estaing et son entourage tentent de déplacer la honte… sur celui qui la raconte.

La mécanique, Fressoz la résume en deux temps, deux réquisitions. D’abord, l’Élysée riposte en changeant l’étiquette du bocal : le scandale ne serait plus « des diamants », mais « du Canard ». Ensuite, on convoque le judiciaire pour donner une allure de neutralité à ce qui ressemble furieusement à une opération politique : inculper le journal pour « recel » ou « complicité » dans une histoire où, précisément, ce qu’il a fait, c’est publier des documents.

Le cœur du gag : confondre “révéler” et “receler”

Toute la force satirique du papier tient à ce glissement absurde : publier une pièce embarrassante deviendrait équivalent à la “détenir” comme un butin. Le raisonnement est grotesque, donc utile. Parce qu’il ne nie pas les faits : il les recode. L’attaque cherche à faire passer l’enquête pour un larcin, l’investigation pour un trafic, l’information pour une manœuvre. Et comme le mot “recel” sent son Code pénal, il donne au procédé un parfum d’autorité, même si l’odeur vient d’ailleurs.

Le dessin de Kerleroux, à la Une, complète le dispositif : le Canard devient un personnage honteux qui se demande, bulle à l’appui, qui a “recelé” les archives déménagées “chez Bokassa”. Le trait est cruel, mais la question est limpide : si l’on parle de recel, de quel recel parle-t-on ? Celui des papiers qui disparaissent opportunément, ou celui des journaux qui apparaissent inopportunément ?

La justice en décor, l’Élysée en souffleur

Fressoz insiste sur un point : l’inculpation, c’est aussi une intimidation. Pas besoin d’interdire, il suffit d’occuper. On prend du temps, de l’énergie, on fabrique de la prudence. Le journal est sommé de regarder ses mots, ses sources, ses silences. Et pendant que l’on discute procédure, la scène principale reste hors-champ : les diamants, les cadeaux, les voyages, les documents, les versions qui varient, les “œuvres” invoquées, les musées qui ne voient pas passer grand-chose, et l’embarras présidentiel qui, lui, circule très bien.

Dans ce théâtre, chacun a son rôle. Giscard d’Estaing, qui se pose en chef d’État outragé et s’autorise l’indignation comme rideau. Alain Peyrefitte, omniprésent dans le feuilleton, figure commode de la morale offensée. Raymond Barre, dont l’austérité sert de paravent à la “dignité” en bandoulière. Pierre Hunt, porte-parole, chargé d’expliquer que l’attaque n’attaque pas. Et, en face, le Canard, obligé de rappeler une évidence : publier des faits n’est pas fabriquer des faits.

Une vieille ruse : faire du contre-pouvoir un coupable idéal

Ce texte arrive dans une séquence où l’exécutif rêve d’une presse “responsable”, c’est-à-dire docile, et d’un scandale “clos”, c’est-à-dire enterré. Fressoz ne se contente pas de défendre le Canard : il montre la stratégie. Lorsqu’un pouvoir ne parvient pas à faire taire une information, il tente de disqualifier celui qui la porte. Quand il ne peut pas effacer le diamant, il salit l’écrin.

La satire fonctionne parce qu’elle inverse la charge : ce ne sont pas les journalistes qui se retrouvent en faute d’éthique, mais le pouvoir qui s’emmêle dans une riposte bancale, mélange de morale, de procédure et de vexation. Et la conclusion, sans grandiloquence, est celle d’un journal qui connaît ses risques : le Canard peut être convoqué, inculpé, caricaturé, mais il n’a pas l’intention de se laisser museler par un mot de plus dans un dossier de trop. L’affaire des diamants, elle, continue de briller… surtout là où ça fait mal.