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Les plumes du Canard

Claude Roire

1939 - 2025

Sa participation au Volatile : 1976 à 2008

Claude Roire (1939-2025), enquêteur économique et “ronchon rieur” du Canard

Claude Roire (né en 1939, mort le 17 juillet 2025 à 86 ans) fut l’une des grandes signatures “éco” du Canard enchaîné, où il entra en avril 1976 et travailla jusqu’à sa retraite en avril 2008, avant de continuer à collaborer encore quelques années. Râleur au grand cœur, homme de rédaction autant que de scoop, il a laissé au journal une empreinte faite de rigueur, de talent d’enquêteur et d’une chaleur très “maison”.

Origines et jeunesse

Claude Roire est le fils de Jean Roire, présenté comme un ancien de Radio Alger. Il grandit avec une enfance en Algérie et dans un environnement familial marqué par des parents communistes. Son père, journaliste puis éditeur musical, est dit proche des intellectuels du PC des années 1950. Roire, de son côté, adhère un temps à l’Union des étudiants communistes (UEC).

Des planches à la presse

Avant de choisir le journalisme, Claude Roire manque de prendre une autre route: le théâtre. Très jeune, il joue au TNP de Jean Vilar, aux côtés de noms impressionnants, dont Gérard Philipe, Maria Casarès ou Judith Magre. Il aime les planches, mais opte finalement pour la presse.

Il commence à Libération (première version) et poursuit à L’Express. Il est aussi mentionné comme participant au journal Libération dans les années 1950, signe d’un ancrage ancien dans les milieux de presse et de débats.

Au Canard enchaîné: l’économie à la loupe

Claude Roire rejoint le Canard en 1976, “dans les années Giscard”, pour investiguer en économie. C’est là son territoire: l’argent, les puissances industrielles, les mécanismes feutrés qui font du bruit quand on soulève le tapis. Il enquête avec rigueur et un goût certain pour les dossiers au long cours.

Parmi les affaires qui lui sont attribuées:

  • L’affaire Boulin, qu’il “lance” au Canard par un article daté du 24 octobre 1979.
  • L’affaire Chaumet, à partir de 1987, puis suivie à la fin des années 1980.
  • La révélation des salaires de Jacques Calvet, PDG de Peugeot, publiée dans l’édition du 27 septembre 1989, en pleine grève des usines. Le dossier entraîne “d’interminables procès” et se termine par une condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’homme.

Rédacteur en chef adjoint, homme de bouclage

Au fil des années, Roire n’est pas seulement une signature: il devient aussi un cadre de la rédaction. Il est rédacteur en chef adjoint jusqu’à sa retraite en 2008. Après son départ officiel, il continue à collaborer avec le journal pendant plusieurs années, signe d’un attachement réciproque: “Il aimait le Canard, et le Canard l’aimait.”

Un caractère “maison”: bougon, rieur, bienveillant

Erik Emptaz le décrit comme ronchon et rieur, dans cet ordre-là. Roire grommelle d’abord de sa voix grave, puis l’humour reprend vite la main. Chez lui, “rancœur, amertume ou cynisme” ne trouvent pas vraiment de chaise où s’asseoir. Il est au contraire chaleureux, bienveillant, et aime donner des surnoms à chacun, parfois moqueurs, “jamais méchants”. Il est aussi dit solidement cultivé, nourri par des univers où la politique, la culture et la presse se croisent.

Parmi les anecdotes de rédaction, une scène restée dans les annales: lors d’un déjeuner de bouclage, Roger Fressoz l’accuse (à tort) d’avoir “commandé” une bouteille d’un gamay du Tarn jugé imbuvable, et tonne: “Si nous en sommes là, c’est que le Canard est tombé bien bas.” Roire est innocent, mais, bon camarade, il ne dénonce jamais le véritable coupable. Le vin, lui, n’aura pas d’alibi.

Repères chronologiques

  • 1939 : naissance.
  • Enfance en Algérie; famille marquée par des engagements communistes; passage à l’UEC.
  • Jeunesse: théâtre au TNP de Jean Vilar (avec Gérard Philipe, Maria Casarès, Judith Magre…).
  • Débuts dans la presse: Libération (première version), puis L’Express.
  • Avril 1976 : entrée au Canard enchaîné.
  • 24 octobre 1979 : article lié au lancement de l’affaire Boulin.
  • 1987 : lancement de l’affaire Chaumet.
  • 27 septembre 1989 : révélation du salaire de Jacques Calvet (Peugeot), dossier au long cours jusqu’à la CEDH.
  • Avril 2008 : retraite; collaborations ultérieures pendant plusieurs années.
  • 17 juillet 2025 : décès à 86 ans.

Dans cette galerie “Plumes et crayons de Canard”, Claude Roire occupe une place particulière: celle d’un enquêteur économique capable de faire surgir l’ombre portée des puissants sans perdre la lumière humaine de la rédaction. Un homme dont la voix grave grommelait, puis riait, et dont la rigueur, elle, ne riait jamais.

Sources et références

Claude Roire, bienveillant ex-rédacteur en chef adjoint du « Canard », Publié le Canard enchaîné du ar Erik Emptaz
source: Wikipédia