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N° 3107 du Canard Enchaîné – 14 Mai 1980

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Nice 1980 : Bokassa invité surprise

Dans Le Canard du 14 mai 1980, Claude Angeli décrit la conférence franco-africaine de Nice comme un “sommet” de façade: il “accouche d’une souris”, mais Bokassa, lui, y plane. Eyadema annonce à Giscard une lettre de l’ex-empereur évoquant “diamants” et coup d’État de Bangui; Omar Bongo refuse de se mouiller; l’Élysée fait le “procès” d’un diplomate jugé trop pessimiste. Les “minimares” ajoutent le sel: Giscard repasse à Senghor une question sur les immigrés, aucune solution pour le Tchad, et une démonstration des paras pour rassurer des chefs… que leurs propres généraux peuvent renverser demain.

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Les propriétés anti-UV de ce plexiglass de 2 mm lui assureront une conservation optimale limitant le jaunissement.

Le maintien entre les deux plaques, avec 8 petites pinces nickelées, supprime la vue des plis ainsi que leurs effets indésirables. Les marges autour du journal sont de 2 cm et sont ajustées au format de l’édition, qui a varié au fil des décennies.

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La conférence giscardo-africaine de Nice : un “Sommet” qui accouche d’une souris

Claude Angeli raconte Nice comme une messe de prestige où l’encens sent le roussi. Officiellement, c’est une “conférence franco-africaine”, un sommet de dialogue, de coopération, de grands principes. En pratique, c’est une scène de campagne où Giscard espère se refaire une image internationale, pendant que l’ombre de Bokassa, elle, s’invite sans badge et sans cravate.

Angeli plante d’entrée un “mauvais présage” : deux jours avant l’ouverture, le 6 mai, le général Eyadema (Togo), reçu à l’Élysée, annonce brusquement à Giscard qu’il a reçu une lettre “personnelle” de Bokassa. Une lettre qui oblige l’Élysée à passer “sous les lambris” un message dont on se passerait volontiers. Car dans cette missive, l’empereur déchu reproche à son “ex-parent” d’avoir tout oublié : “l’amitié partagée”, les “diamants reçus”, les “terrains de chasse réservés”… et, “naturellement”, d’avoir “organisé le coup d’État de Bangui”. Angeli résume : Bokassa soigne sa “réputation” de Giscard à distance, comme on frotte une tache pour la faire ressortir.

Bokassa en filigrane : Eyadema, Ahidjo, et le courrier qui circule

La lettre n’est pas seulement un coup de griffe ; elle devient un objet politique africain. Eyadema la confie à un journaliste du Canard : s’il évoque l’existence de ce courrier devant Giscard, il en parle à son collègue ivoirien Houphouët-Boigny, gardien et protecteur de Bokassa, “pour parler des accusations de l’ancien maître de Bangui”. Le président camerounais Ahidjo aurait reçu une lettre similaire. Le message circule, et Angeli suggère ce que tout le monde comprend : à chaque “sommet” où l’on parle Afrique, Bokassa est le fantôme qui pousse les chaises.

Dès lors, la conférence de Nice ne peut plus être un simple rendez-vous diplomatique. Elle devient, malgré elle, un théâtre où l’on essaie de parler de l’avenir en trébuchant sur les diams.

“L’ombre de Bokassa planait” : Omar Bongo refuse de se mouiller

Angeli note un geste significatif : à l’hôtel Négresco, devant trois journalistes, le président gabonais Omar Bongo refuse de “prendre position” sur le coup d’État français à Bangui. Mais il laisse entendre, “malgré les remarques prudentes de son nouveau ministre des Affaires étrangères”, qu’il “désapprouve totalement l’excursion des paras français en Centrafrique”. Question perfide d’Angeli : Giscard serait-il “plus tout à fait maître chez lui” ? Le Canard aime ces petites phrases qui se retournent : l’Élysée organise un sommet pour montrer sa maîtrise, et se retrouve discuté, corrigé, contredit, parfois chez le voisin.

Le “procès” Jacques Georgy : quand le Quai d’Orsay sert de bouc émissaire

Le 8 mai, à peine débarqué à Nice, Jacques Blot, porte-parole de Giscard, fait le procès public de Guy Georgy (directeur des Affaires africaines et malgaches). Angeli décrit la scène comme un “procès public” où le coupable est “absent”, mais où les fonctionnaires de l’Élysée, du Quai d’Orsay et de la Coopération écoutent “bien la leçon”. Le grief : le “pessimisme” de Georgy, accusé de traduire la politique africaine de Giscard, et surtout de dire ici ou là : “Quand on a de tels états d’âme, on démissionne.” Et Angeli précise : cette phrase reflète “probablement l’opinion de Giscard”. En clair : si la politique africaine sent le malaise, ce n’est pas la politique qui est fautive, c’est celui qui ose le dire.

On comprend le mécanisme : la campagne présidentielle s’approche, il faut de l’optimisme en vitrine. Le Canard voit ce qu’on ne doit pas voir : l’appareil diplomatique sommé de sourire.

Un sommet pour rien… sauf pour la campagne

Angeli lâche la sentence : “ce sommet franco-africain ne sert à rien”, sauf à la campagne présidentielle de Giscard. Il cite Jean François-Poncet, ministre des Affaires étrangères, qui le reconnaîtrait “en privé” (confidence d’un délégué français). Et il épingle la figure tutélaire : Léopold Sédar Senghor, “doyen sénégalais”, qui se fend d’un discours d’ouverture à la conférence de presse du 10 mai “gâtouillant” l’opinion de “beaucoup de journalistes”. Le sommet est un décor où l’on applaudit des phrases, mais où les problèmes restent entiers.

Le document “trop pessimiste” : Arabes coupables, pétrole loué, et “inviter à investir en Afrique”

Comme si l’on manquait de symboles, Angeli évoque un document officiel français, “édité en mai 1980”, intitulé “Thèmes de réflexion sur les relations franco-africaines”. Jugé “trop pessimiste”. Mais pas seulement : il accuse “les Arabes” d’être en grande partie responsables des malheurs de l’Afrique “à cause du prix de l’énergie”. Et il vante les mérites de “deux sociétés pétrolières françaises”. Bref : un texte “engueulant les Arabes” que Giscard invite “à investir en Afrique”. Cohérence de brocante : on gronde, puis on tend la sébile.

Angeli n’a pas besoin d’en rajouter : il juxtapose, et la contradiction fait rire.

Le final ivoirien : Houphouët-Boigny, le successeur, et la question à Brejnev

Le papier se ferme sur un clin d’œil venimeux : bien avant l’annonce de la visite du pape, un projet de coup d’État au Togo est découvert ; Houphouët-Boigny, président de Côte-d’Ivoire, avait décidé de bouder la conférence. Giscard vient lui demander le nom du successeur qu’il a choisi. Réponse d’Angeli : le président ivoirien n’est pas “plus tout jeune”, mais quand Giscard posera-t-il la même question à Brejnev ? Pointe froide : la diplomatie giscardienne aime les vieux régimes, surtout quand ils sont utiles.

 

Minimares : petites scènes, grandes grimaces

Senghor, Giscard et les immigrés : la question qui tombe mal

Une scène “édifiante” échappe aux téléspectateurs : à la conférence de presse du 10 mai, un journaliste de L’Humanité demande à Giscard et à Senghor de répondre aux travailleurs immigrés qui adressent une lettre ouverte. Senghor passe le micro à Giscard… qui le repasse “brutalement” vers Senghor. “Quel sauvera la mise” du voisin “en répondant n’importe quoi”. Le Canard croque une lâcheté à deux temps : l’un esquive, l’autre bouche le trou.

Le Tchad : une croix et pas de solution

“Une croix pour le Tchad” : aucune solution valable n’a été trouvée pour mettre fin à la guerre civile. Une croix aussi pour Mobutu, “beaucoup de Français et d’Africains” le considèrent “comme un chef d’État en sursis”. Et pourtant, c’est au Zaïre qu’on organisera la prochaine conférence franco-africaine, en 1981. Traduction canard : on sait que ça va mal, mais on réserve déjà la salle.

Paras en démonstration : rassurer les chefs… et prévenir les généraux

Dernière minimare, très Angeli : pour rassurer les chefs africains, une visite de la 11e division parachutiste stationnée dans le Sud-Ouest est organisée à l’intention de leurs ministres de la Défense et de leurs généraux. Ceux-là prendront peut-être “un jour” le pouvoir, “avant que nos paras n’aient eu le temps de protéger leurs patrons”. Toute la politique africaine en une phrase : on montre la force pour rassurer des régimes… dont on pressent qu’ils peuvent tomber demain.