N° 444 du Canard Enchaîné – 31 Décembre 1924
N° 444 du Canard Enchaîné – 31 Décembre 1924
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Plus bas que l’empire ! La liberté de la presse étranglée : Le gouvernement de Mr Herriot va poursuivre le canard enchaîné, par Maurice Morice
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Plus bas que l'empire ! La liberté de la presse étranglée : Le gouvernement de Mr Herriot va poursuivre le canard enchaîné, par Maurice Morice
Cette une du Canard enchaîné du 31 décembre 1924 a l’élégance des scandales bien repassés et la brutalité d’un nœud coulant. Sous la grande banderole « La liberté de la presse étranglée », le journal ne joue pas au martyr en chemise froissée : il montre la corde, les mains qui la tirent… et les convives qui trinquent pendant que ça serre.
Le papier signé « Maurice Morice » (pseudo collectif) vise d’abord le gouvernement Herriot et sa “courtoisie” de bon ton. Le Canard n’est pas dupe : la politesse parlementaire n’empêche pas les poursuites, elle les rend seulement présentables, comme un procès servi en gants blancs. La thèse est simple et redoutable : la censure moderne n’a pas besoin de bottes, elle se contente d’un tampon, d’un parquet… et d’un sourire.
Au centre, le dessin de Guilac complète l’acte d’accusation avec une gaieté sinistre : « Le Banquet Nalèche », où l’on lève les verres « à l’étranglement de la presse ». Or Nalèche, président du syndicat de la presse parisienne, n’est pas un nom décoratif : il incarne cette presse installée qui sait se tenir près du pouvoir, quitte à laisser d’autres journaux se débattre dans la nasse. Et la présence très lisible de Herriot caricaturé parmi les convives est une trouvaille au scalpel : le pouvoir n’est pas seulement celui qui menace, il est à table, il participe au toast, il fait partie du décor mondain de l’étouffement.
Enfin, il y a la botte secrète du Canard : publier une « note confidentielle » d’une brièveté assassine, puis attendre la réaction. Si l’État poursuit, il avoue qu’il craint la lumière. S’il ne poursuit pas, il laisse circuler le document. Dans les deux cas, le journal retourne l’arme contre le tireur.
Pour lire l’analyse complète, avec les détails savoureux de cette mécanique de l’intimidation “polie” et de la connivence en smoking, allez sur la page du blog : c’est là que cette une révèle tout son art, celui d’un Canard qui préfère les preuves aux postures… et les banquets aux bons sentiments.





